L'An 2016

Samedi 9 janvier
Semaine de commémoration un an après les attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo et l’Hyper Casher. Parmi les nombreux documentaires diffusés, ceux consacrés à la personnalité des dessinateurs tués et à l’ambiance de la rédaction du journal révèlent la densité d’intelligence, d’humanisme et d’humour qui les imprégnaient. Victimes d’une forme de dégénérescence intellectuelle poussant au crime idéologique, eux qui incarnaient la liberté de l’esprit, la vivacité de la dérision tous azimuts, renvoyant aux archaïsmes les obscurantismes de tous poils.

22 janvier
L’incertitude d’une année amorcée sans fracas particulier, juste l’écho entêtant des barbaries déchaînées en 2015.
Hier, débat de respectueuse tenue entre Finkielkraut et Cohn-Bendit qui a changé des habituelles rengaines politiques. Seul affadissement de l’émission : l’intervention inconséquente, lourdingue, indigente d’une enseignante qui se présente comme « musulmane » et n’aligne ses billevesées que comme prétexte à insulter le philosophe. Une caricature pour celle qui se croit sans doute porte-parole des anti-Finkielkraut.

Nouvelle pierre à la folie des intégristes aux manettes du pouvoir saoudien et avec lesquels on commerce (zones étatiques ou privées) : l’interdiction du jeu d’échecs (de création persane, le message basique est reçu) pour une stupéfiante raison, au-delà du coup de griffe à l’Iran. Cela favoriserait la tension entre joueurs et serait l’acceptation d’un jeu de hasard. Le délire se poursuit aux confins de l’ignorance de ce dont ils s’emparent, les œillères obscurcissant le peu de jugeote leur restant. Il faut d’urgence leur apprendre que les échecs sont un jeu de tactique réflexive et non de hasard… Ce n’est pas l’échiquier qu’ils doivent honnir, mais les crétins locaux qui se risqueraient à pousser le bois au petit bonheur la chance… Il faut dire que dans leurs contrées ce type de joueur doit pulluler… Ceci expliquant cela. Pauvre civilisation dégénérée relevant du néant sidéral dès qu’il s’agit de tenter l’approche subtile. Du gros sabot traîne-savate qui empuantit notre monde. De plus en plus difficile d’accepter cet envahissement régressif au nom de la tolérance religieuse.

Lundi 8 février
Ma BB affronte, vaille que vaille, les effets de la chimiothérapie, mais les larmes sont fréquentes. Ma présence tente d’atténuer la déprime qui s’installe face à la durée croissante du contrecoup d’une séance. Encore deux à venir avant d’espérer la réduction maximale de la tumeur et de passer à l’étape chirurgicale.
Le repliement s’ancre en ces heures difficiles alors que la sérénité professionnelle s’affirme : paradoxe d’une précarité qui me laisse choisir mes interlocuteurs et décider de mon organisation.
Je dois récupérer en fin d’après-midi la première fournée de copies des SSH-Lyon Est sur le sujet de dissertation que je leur ai concocté… Je me suis plongé, ces derniers jours, dans les résumés et sélections de citations de plusieurs ouvrages à leur programme, la majorité constituant des témoignages de personnes confrontées à la maladie, au handicap ou exerçant la médecine. Cerné, je le suis, par ces questions jusque dans la quotidienneté partagée avec ma BB à laquelle je me sens encore plus attaché face aux épreuves physiques et psychologiques qu’elle affronte.

Dimanche 20 mars
L’amorce du printemps 2016 sous la grisaille, mais dans une sérénité personnelle inégalée et ce malgré un désert relationnel en phase d’extension.
Mes choix s’ancrent : vie citadine avec des interventions pédagogiques que je sélectionne et dont je maîtrise la répartition dans la semaine. Quitte à vivre modestement et dans une précarité assumée, autant être en adéquation avec ce que l’on fait, sans surcharge inutile. Me garder du temps pour la création littéraire via mes acrostweets (344ème publié ce jour : le salopard Abdeslam arrêté vendredi soir), mes phases de vagabondage spirituel, sans s’encombrer de ce qui m’irrite dans ce monde à cran.
Je relisais quelques passages de mon Journal en retrait de l’année 2013 (la dernière publiée sur Internet à ce jour) et je me réjouissais d’avoir laissé ces traces dissonantes, tout anonyme que je sois.

Mardi 22 mars
Alors que je finalise mon acrostweet sur Molenbeek-Saint-Jean, j’entends l’information sur des attentats majeurs commis à Bruxelles. Comme la convergence de l’horreur et de la création littéraire dénonçant la capitulation face à l’intégrisme vérolant cette commune belge. Sans doute la réponse sanglante à l’arrestation de Salah Abdeslam des quelques membres en fuite de cette cellule terroriste.
Nouvelle plongée dans l’horreur : 28 morts et 98 blessés, selon un bilan provisoire.
Cette nuit, le prochain sujet à proposer aux étudiants inscrits au concours de médecine m’est venu :
La Mort constitue-t-elle l’échec indétrônable de la Médecine ?

Vendredi 25 mars
Je rejoins ma BB à Arles pour sa soirée d’anniversaire avant un week-end de Pâques à Fontès. Dans le TER en partance pour Marseille Saint-Charles via de multiples haltes, je renoue avec une familière pratique : mettre à profit ce temps ferroviaire pour rédiger quelque travail à finir.

Samedi 2 avril, 23h45
Vu en fin de journée ma BB à la clinique protestante à Caluire : opérée hier, mastectomie gauche. Nouvelle épreuve dont elle ne semble pas trop marquée, mais ce mal cancéreux lui aura fait perdre un sein… pas anodin tout de même dans l’existence d’une femme. Pause de quelques semaines (dont une huitaine de jours chez ses parents) avant la contrainte quotidienne de la radiothérapie cinq jours sur sept pendant six semaines… pour finir d’éradiquer ce salaud d’cancer !
Demain j’irai passer l’après-midi avec elle et mes copies de SSH-médecine à corriger… comme une ironie des convergences.
Le reste, je le délaisse un peu.

Samedi 16 avril, 23h43
BB est allée passer une semaine chez ses parents pour se régénérer suite aux épreuves vécues. Je me retrouve seul dans cet appart douillet alors que le déluge s’abat sur Lyon. Bien fait de ne pas sortir ce soir.
Cette époque m’échappe de plus en plus… un pays comme en suspens, qui n’ose basculer vers le chaos alors que les colères se démultiplient. Une chose qui ne change pas : les filandreuses merdes dénommées « les casseurs » et qui profitent de la moindre opportunité pour saccager sans distinction et dégrader les biens publics. Un avant-goût de ce qui nous attendrait avec un destin à la Syrie ou le chaos autorise le pire. Le récent Théma d’Arte sur ce semblant de pays à l’agonie désespère un peu plus sur la nature déshumaine. Eau argentée, notamment, bouleverse et tente d’approcher l’horreur traversée par une population massacrée. L’exode de ce peuple se comprend comme un coup au poitrail en visionnant ces documentaires sur le vif.

Mon champ relationnel n’a jamais été aussi réduit. Je n’ai plus l’enclin pour cela. Laisser le temps faire son œuvre fatale, sans plus chercher à entretenir l’illusoire, le factice.

Dimanche 17 avril, 8h36   
Après plusieurs jours laissé sur l’établi mental, pour y revenir sporadiquement, je viens de finaliser l’acrostweet se payant le grotesque couple Balkany au cumul impressionnant ce casseroles, les dernières directement fournies par les Panama Papers.
Ma mue idéologique se poursuit : le profil Macron ne m’est pas désagréable. Netteté du discours, humanisme réaliste et ayant l’extrême qualité d’irriter Martine Aubry…

Lundi 18 avril, 23h21
Le pape François donne l’exemple pour l’accueil des migrants syriens et l’UE poursuit sa démonstration qu’il n’y a pas besoin d’être en temps de guerre pour voir la pourriture des membres, en l’occurrence dans une absence sidérante de collaboration constructive entre eux. De quoi dégoûter définitivement de ce projet politique privé depuis plus de dix ans de tout souffle, incapable d’enthousiasme collectif. On survit avec nos frilosités entretenues alors que nous restons potentiellement la première puissance économique… un comble !

Mardi 19 avril, 23h26     
Si intelligent édito de Riss dans le numéro 1236 de Charlie post attentats de Bruxelles. Pieds dans le plat des capitulations à pas feutrés qui minent notre société. L’art médiocre d’esquiver la question de l’Islam dans notre forme de société entretient l’hypocrisie et la méfiance…

Mercredi 20 avril, 9h08  
Un peu de repos au dodo après ma journée marathon d’hier. Je vais tenter de poser les bases structurantes de la correction de mon dernier sujet SSH.

Dimanche 8 mai, 23h58
Signe des temps désespérés pour l’UE, la voilà réduite, pour tenter de redorer son blason crotté, à sortir un film animé, Europman, dans les salles de cinéma. Une tronche à la Iznogoud pour venir expliquer à trois jeunes adultes empêtrés dans leurs problèmes respectifs, les ressources facilitatrices de cette Union décidément ignorée… De la poursuivre du versement de droits sociaux acquis dans un pays membre en allant dans un autre jusqu’à la garantie consulaire (en l’espèce pour le Polonais accidenté en Birmanie) pas sûr que cette pseudo vulgarisation mièvrement ludique convainque les réticents à l’Europe.
Bien plus coup de poing pour se rendre compte des conséquences effroyables d’une Europe aux nations exacerbées, le document Après Hitler est sans concession sur les élans barbares des peuples assoiffés de vengeance. Une exécrable humanité aux actes méprisables.
Platon avait parfaitement analysé les tares d’une démocratie tueuse de Socrate. Des citoyens obnubilés par leurs soucis propres, se contrefoutant du collectif, aux dirigeants obsédés par la conservation de leur pouvoir, rien ne semble pouvoir évoluer…
Un signe positif, tout de même : Sadiq Khan élu maire de Londres… Quelques semaines avant le référendum sur le Brexit, une petite bouffée de fraîcheur.

Lundi 9 mai, 23h30
La tronche du monde si Trump succède à Obama. De la prestance charismatique au grassouillet vulgaire, de la mesure diplomatique aux outrances à courte-vue, de l’élégance réaliste aux lubbies dangereuses… Et des Trump, il en émerge un peu partout sur la planète, soutenus par des parts enflées des peuples… A l’univers de la sophistication technologique répond une vague primaire dans le champ politique.
Le vice-président de l’Assemblée nationale, l’écologiste Denis Baupin, vient de démissionner après les accusations de huit femmes pour du harcèlement sexuel et même, pour l’une d’elles, pour une agression du même ordre. Le soupçonné a osé participer à une campagne photographique dénonçant la violence faite aux femmes. Le Cahuzac du slibard, en quelque sorte…

Jeudi 12 mai, 23h50
Comme un sale goût d’impunité démocratique qui se profile avec en tête de porc-proue le Donald qui désespère, le Trump à claques. Depuis Platon nous savons que la démocratie a ses crasses criminelles, mais subsiste encore l’inepte réflexe d’excuser toujours l’électeur. Ses raisons peuvent pourtant se résumer en une basique : être dangereusement con ! Les primaires américaines n’ont jamais, côté Républicains, porté si bien leur appellation : désigner un pitre néfaste à l’égo puant et aux compétences néantes par un ramassis de primaires remontés contre les élites. Sûr que la base à grosse couenne va faire mieux. Encore une fois, les techniques évoluent prodigieusement, mais la vile connerie humaine garde une place maîtresse dès qu’une forme de crise incite les revanchards à trouver des boucs émissaires et à voter pour le pire. Si les USA allaient jusque-là, alors il faudrait accélérer le fédéralisme européen et se passer des protections américaines. Malheureusement, les mêmes tendances se dessinent sur notre continent, comme si l’histoire du siècle passé n’avait pas suffi pour nous en détourner une fois pour toute…

Dimanche 15 mai
Visite de pôpa, Anna, Alex & Raph jusqu’à demain midi. Hier, dîner dans un bouchon coté de Lyon pour sa cuisine (qualité confirmée) mais un peu déficient en gestion des flux lors de notre arrivée. Flot de touristes mal canalisé vers les tables et quelques attentes au cours du repas.
Nouvelle majeure : ils vendent leur maison de Rueil pour s’installer dans un vaste appartement acheté sur plan, sis à Sartrouville et ayant deux atouts : une vue directe sur la Seine et, de l’autre côté, sur l’hippodrome de Maison Laffitte ; une terrasse de plus de 120 m2 aménagée selon l’esthétisme paysager… Pour mon père, sans doute le dernier déménagement et l’opportunité d’un lieu à la vue dégagée d’où il verra « le soleil se lever et se coucher » selon sa formule.
Ce jour, nous déjeunons cher Barbara & Jean-Luc dans la maison avec terrain arboré : à 8h24, le soleil s’annonce généreux. Une belle journée familiale à la quasi campagne… dans Lyon.

Mardi 17 mai
La susceptibilité de mon père ne s’arrange pas avec les années passant. Dimanche, après le repas chez Barbara & Jean-Luc, il prend mal un trait d’humour répété, décliné, sur la taille comparée des pergolas (celle qu’il doit avoir à Sartrouville et celle de Jean-Luc à Caluire) et file bouder dans sa voiture. Il faudra la démarche de Raph pour le faire revenir parmi nous, après une bonne heure de disparition… Anna, son épouse, nous confirme la dégradation de son caractère depuis l’AVC… moi je remarque, lors de ses interventions, une obsession à se mettre en valeur, via ses diverses expériences, encore plus prononcée qu’avant, au point d’en devenir caricaturale. Moi, moi  et moi…
Alex & Raph évoluent bien dans leur domaine, le premier passant à 22 ans le CAPES, le second en deuxième année d’IUT GEA (ou GACO…)
Le pape François n’ira pas jusqu’à désavouer le Lyonnais Barbarin. Encore quelques roideurs de désuète orthodoxie…

Dimanche 22 mai
7h21. Sérénité dominicale d’une existence ayant trouvé ses marques et ses équilibres malgré quelques frustrations. Vendredi soir, via le messenger de Facebook, Elo F. m’indique avoir mis au monde un garçon le 20 mai à 17h45. Elle tente de prendre quelques nouvelles, je lui en donne le minimum. Elle m’en écrit sur Ana et Dina, je ne relève et ne relance pas. Pour moi, quelque chose est détruit et enterré dans ce lien, quant à celui avec les deux précitées, il n’existe carrément plus. Caractériel, je le suis sûrement, mais je n’ai pas apprécié un certain nombre d’actes et de signes qui m’ont fait les sortir de mes amis facebookiens ainsi que ne plus me manifester. L’éloignement m’aide sans doute… mais ça n’explique rien en fait : l’Ana vient d’acheter un appartement avec son mari… à Lyon. En voilà une qui ne m’inspire vraiment plus rien depuis qu’elle s’est mise en couple. Transmutation de personnalité, condescendance mal placée (pas précisément envers moi, je l’aurais vite recadrée !) rapportée par les deux autres. Un trio qui, finalement, passait son temps à médire d’un des membres absents…

La France se tend sur un sujet révélateur de sa gangrène syndico-idéologique : une loi sur le code du travail. Toujours cette impossibilité de réformer en France sitôt que cela vise une simplification pour une meilleure respiration du secteur. Une frange de la population, évidemment celle qui braille, ne souffre aucune évolution d’un outil réglementaire hypertrophié dès que cela vient remettre en cause ce qu’ils considèrent comme des droits acquis ad vitam aeternam, quelle que soit la situation du pays. Voilà bien le signe d’une nécrose qui entretient ses archaïsmes, creusant de fait sa fosse sur laquelle les rivaux étatiques n’auront plus qu’à mettre le couvercle.
Cette société pue. Ni plus ni moins qu’avant, mais l’odeur m’incommode davantage. Les derniers à entrer dans la ronde contestataire : les syndiqués des centres de raffinage. L’Ouest français commence à manquer d’essence, les files d’attente s’allongent devant les stations-service pour glaner quelque vingt litres par automobiliste… et c’est moi, sans permis, qui ne suis pas autonome ? Laissez-moi rire… Qu’ils sentent une pénurie poindre son nez sec, et les voilà prêts à attendre des heures dans leur taule ondulée avec l’épée du Damoclès énergétique aux cuves vidées juste au moment où c’était son tour… et c’est moi qui dépends des autres ? Les pignoufs !
Ajoutons au piteux tableau une sinistre brochette de casseurs et d’agresseurs de flics, des prétendus antifaf qui imposent leur autoritarisme individuel. Voilà ce qu’offre l’asphalte et l’enrobé urbains de ces dernières semaines. Rien d’enthousiasmant donc… mais que les écervelés se rassurent : le Tour, l’Euro, puis les JO vont meubler de faux-semblants estivaux. A gerber.
A noter aussi, avant de poser la plume, le revirement attendu de la raclure Abdeslam. Il devait parler au juge d’instruction : eh bien non, finalement, le petit connard sensible, qui a ses conditions de détention, ne le juge pas plus opportun. Un coup de tatane dans sa tronche narquoise pour lui effacer le petit sourire que je lui devine, voilà qui serait une voie constructive…

Mercredi 25 mai, 23h32
Moins terrifiant que le terrorisme islamiste avec ses tueries à l’aveugle, le terrorisme syndicaliste, la CGT en Daech social en tête, mitraille l’économie française au nom d’une prétendue défense des salariés et de leur sacro-gros code du travail. Le Martinez fait bien oublier l’ère mature de Louis Viannet, secrétaire général exemplaire pour sortir ce syndicat de son crypto-communiste. Les menaces de blocage du pays pleuvent et la dégradation sociale s’amplifie malgré le deuxième mois consécutif de baisse du chômage, en chiffres très relatifs. Le simplisme de leur diktat, le retrait pur et simple de la « loi travail », révèle bien cette tendance à se torcher avec la démocratie représentative, eux qui ne représentent qu’eux-mêmes, bien loin d’être majoritaire dans le pays.

Jeudi 26 mai
Je n’avais pas encore imaginé le pire côté pratique CGT : impossible parution des grands quotidiens nationaux qui ne se couchaient pas devant la prose propagandiste du Martinez, comme au sale temps des secrétaires du parti communo-soviétique. Seul L’Humanité s’est « bien volontiers » plié au chantage. Ce torche-cul n’en est pas à sa première immondice. Rappelons-nous sa défense du régime castriste version Fidel.
Laissant un petit message sur mon mur facebookien pour annoncer mon acrostweet sur « le syndicat CGT », j’utilise l’expression « terrorisme syndicale ». Je découvre ce soir un commentaire de la cousine Michelle, CGTiste dans l’âme et en fonction pendant plusieurs années, qui s’indigne de ma formule, me renvoyant au « vrai terrorisme » des 11 janvier et 13 novembre 2015, terminant avec cette morale en forme de  lieu commun simpliste : « les mots ont un sens ». Oui, certainement, et ils en ont même souvent plusieurs de sens, on appelle cela la polysémie. Une expression aussi peut se permettre d’adopter un sens figuré et non se limiter au sens propre de base. Quand je repense à l’affiche CGTiste récente contre la police et à son outrance sans une once d’humour, je trouve mon expression encore plus légitime. Pas envie de ce syndico-gauchisme simpliste dans mon cercle facebookien réduit : je l’ai virée de mon relationnel.
Un syndicat, de moins en moins représentatif chez les syndiqués, eux-mêmes minoritaires dans le secteur privé, porte de graves coups à l’économie française, et l’on devrait l’encenser ? Je préfère me torcher avec la convenance et les remettre à leur juste place.

Jeudi 2 juin, 23h22   
Alors que les débordements violents de vandales se poursuivent au sein des manifestations plus ou moins gérées par les services d’ordre du syndicat CGT, les fleuves et rivières prennent leur aise après des trombes tombées en quelques jours. Il faudrait refroidir la trogne des premiers avec la fraîcheur désordonnée du liquide boueux. Une merde généralisée pour un pays qui laisse s’agiter les hystériques déresponsabilisés et en quête de défouloir. Ambiance détestable, si loin de ce que je peux vivre comme sérénité dans la précarité assumée.

Dimanche 5 juin
Une semaine qui s’achève rythmée par les inondations, incontinence de ce temps aussi pourri que l’ambiance sociale. Dans quelques jours va débuter la grosse caisse à graisseuse convivialité d’apparence autour de matchs à la con. Encore le football pour distraire le pôple et aucun politique qui n’osera dire, face caméra et/ou micro, qu’il n’en a rien à foutre de ce sport-business, de cette infra-activité humaine qui monopolise toutes les attentions sans profondeur.
Vers 19h aujourd’hui, un Skype avec Jim. Domentin fêtait hier ses trois ans d’existence et Nalya s’affirme comme petit fille en route pour le CP à la prochaine rentrée. Côté pro, chacun semble éprouver quelques difficultés : Aurélia avec une chef de service imbuvable et Jim avec des collégiens insupportables… Un puissant et paradoxal contraste entre leur activité pérenne mais stressante et ma précarité assumée et épanouissante, ou tout du moins agréable dans l’exercice pédagogique. Combien je loue mes choix actuels quand je les rapproche d’autres périodes de mon parcours, et notamment celle du Purgatoire imposé, le régime de mes terreurs (1993-1995), et celle de Cqfd au CDI qui m’imposait de subir des groupes à former constitués d’individus à mi-chemin entre le bétail décervelé et les ordures décérébrées… notamment les « animaux » des formations-gardiennage brancardiers dont il semble qu’une session soit en cours à Cqfd campus ce qui ternit un peu l’ambiance, mais que je n’aurai plus jamais à subir. Le luxe de ma précarité c’est de choisir à qui j’enseigne, que ce soit en individuel ou en groupe.

Mercredi 8 juin, 0h05
Quelle jubilation l’esprit de Madame Foresti. Elle a vraiment tout pour elle : la juste féminité tout en retenue, le sens effilé de la dérision tous azimuts, l’intelligence qui fuse… Son One Woman Show enregistré en juillet 2015 aux Nuits de Fourvière : un régal. Sa façon de se foutre de la tronche des primaires footballeurs et supporters me ravit à deux jours de l’ouverture de cet envahissant Euro de foot. Ça va se complaire en viandes saoules et gueulardes, ça va déblatérer sur les matchs, ça va emmerder…
La société se tend comme une nation en perdition qui n’a rien compris du monde nouveau.

Dimanche 12 juin
Malgré ma diète médiatique pour cause d’Euro barbant, je n’échappe pas aux deux titres majeurs impliquant deux types sinistres de barbare : le hooligan et l’intégriste islamiste qu’il faudrait faire se rencontrer pour qu’ils s’éliminent mutuellement.
Des parcelles d’humanité merdique à des gouffres du délicieux week-end chez Yul & Dalyette  pour les cinquante ans du premier. Du bon enfant avec victuailles et boissons à volonté…
Dans quinze jours, leur déménagement pour une jolie maison avec grand terrain aux recoins enchanteurs.
Demain, sur le pont à huit heures à Cqfd pour quelques heures avec les prépas Lieut. Voilà longtemps que je n’avais démarré si tôt. Réveil à 6h30… Suivra une semaine plutôt chargée, mais moins encore que la suivante, paroxysme pour les préparations aux épreuves de français. La fatigue (22h49) me fait perdre le fil de la plume.

Mardi 14 juin
Une France en proie à la violence multiforme : le déchaînement des casseurs que certains syndicalistes commencent à soutenir face caméra, l’acte terroriste individuel qui met fin à l’existence d’un couple de policiers, le déferlement des hooligans, notamment russes… tout semble pousser le pays dans le gouffre avec un gouvernement de plus en plus attentiste bien que se donnant l’apparence de la fermeté en maintenant le processus législatif sur la loi travail, mais en cédant sur des revendications catégorielles.
Le temps file et les personnalités qui comptent dans le champ médiatique changent  sans qu’on s’en rende compte. En visionnant un documentaire consacré à Coluche (dont j’ignorais que la prestigieuse collection de La Pléiade avait réuni les productions écrites), je vois défiler nombre de comiques actuels dont je ne connaissais pas l’existence. Comme si le monde qui importe, dans son dynamisme créatif, me devenait de plus en plus étranger.

Samedi 18 juin
Les orages qui déversent en quantité de la flotte sur Lyon chaque soir, depuis quelques jours, ont l’utilité de nettoyer la Fan Zone de Bellecour de ses imbibés occupants. Pour le reste, le pays déprime et les tensions passent aux actes. Une France loin d’être isolée comme le confirme le meurtre en Grande-Bretagne d’une députée en faveur du maintien dans l’UE.
A entendre les noms maghrébins s’accumuler comme identité des terroristes, il faut rester sacrément humaniste pour ne pas s’adonner à la xénophobie primaire, celle qui confond l’origine avec la nationalité, ou secondaire qui hait tout ce qui ne lui ressemble pas.

Poings d’exécration

Comme atteint d’un mal protéiforme, le pays se convulse.
Des manifestations d’un autre siècle offrent à quelques dirigeants syndicalistes l’illusion d’une influence sur l’avenir de la réglementation du travail. Elles sont surtout le sinistre terrain de jeu des « casseurs », euphémisme social pour désigner des vandales nihilistes qui attendent, eux, la destruction de notre société, hôpitaux pour enfants inclus !
Une radicalisation islamiste rampe et peut sauter à la gorge n’importe où, y compris au domicile d’un couple de policiers. Sur la page déroulante de Facebook je découvre la photo d’une jeune fille en short accompagnée d’un témoignage de l’agression qu’elle a subie pour le simple fait d’une tenue qui laisse voir, bigre ! ses jambes… Voilà la civilisation obscurantiste dans laquelle veulent nous entraîner les daechiens et daechiennes plus ou moins identifiables.
Un Euro, comme vitrine ludique : en réalité tremplin des hooligans et l’occasion de se mettre la tête dans le ballon un mois durant, s’imaginant que plus rien d’autre ne compte… Bienvenu au XXIème siècle !
La noblesse de l’engagement, l’exemplarité des idées, c’est une députée travailliste outre-Manche qui les incarne : Jo Cox, morte pour l’Union européenne, flinguée puis poignardée par un extrémiste taré, pléonasme sans aucun doute.
Le pourrissement estival n’est pas loin !

Le référendum du 23 juin prochain aura une bien désagréable saveur…

Vendredi 24 juin, 1h du mat.
Le jour d’après… les premiers titres sur Internet semblent donner le Remain gagnant. La Grande-Bretagne resterait donc dans l’UE, mais à quel prix, selon quelles concessions faites à Cameron. Il faudra bien tout exposer aux citoyens de cette UE branlante pour prendre conscience des privilèges inconsidérés accordés à une nation tellement en proie au rejet de cette construction. Un goût très amer restera de cette initiative cameronienne, de la campagne et du résultat. Un maintien en cul-de-poule anglaise…

Vers 18h.
C’en est fait, exit les rosbifs ! Mieux ainsi, au regard du négocié en catimini  en cas de maintien. Premier acte du détricotage : chacun voudra avoir sa part de casse d’une tentative de construire un espace de paix relativement prospère quoiqu’en disent les sceptiques. Révélateur, chez les politiques français : les Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan et Montebourg n’ont rien apporté dans le sillage du rejet de 2005, faute de plateforme commune et d’adhésion majoritaire à l’un d’eux. Les voilà tout contents de ce coup d’arrêt d’une Union qu’ils exècrent.
De Gaulle avait eu ô combien raison de repousser leur première démarche d’adhésion. Pompidou s’est laisser abuser et, depuis, les concessions faites à la dame de fer, le statut privilégié de l’île des mécontents n’ont cessé de se gonfler au rythme des grognes.
L’important, ce qui va suivre le coup d’éclat : lente agonie du modèle volontariste d’une Union écartelée entre deux philosophies politiques ou saut vers le fédéralisme d’un nombre plus réduit d’Etats membres.

Mardi 28 juin, 0h01
L’après Brexit commence et tout est envisageable : du sursaut salvateur pour l’UE jusqu’à la poursuite du démembrement en passant par la léthargie frileuse ou sidérée.
Pour moi, comme je l’ai souvent rappelé, le vrai tournant délétère de la construction européenne, c’est le non au projet de Constitution européenne (d’inspiration française) de la France en 2005. De là, plus de souffle et un rejet croissant alimenté par le jeu hypocrite des politiques nationaux. Et l’on en trouve encore qui ose clamer que ce « non » n’a pas été respecté… mais par qui bon dieu ?! Aucun de ceux qui soutenaient ce camp n’a été porté au pouvoir national, via les élections, par ces mêmes citoyens incohérents… Au nom de quoi les Sarkozy, Hollande devaient-il trahir leurs convictions ? Par pur opportunisme ? Tout le monde n’est pas du même lard qu’un Boris Johnson.

Dimanche 3 juillet, depuis le rayonnant parc Tête d’Or
La charretée des décès vient de s’alourdir de Michel Rocard, celui dont j’ai connu l’existence comme maire de Conflans-Sainte-Honorine, ville dans laquelle se situait mon collège (de la cinquième à la troisième) alors que je résidais à Eragny-sur-Oise. Mes parents m’avaient ainsi évité, après l’extraction du château d’O, de plonger dans un établissement scolaire difficile (déjà en 198…3 je crois), celui de la ville nouvelle. Me reviennent les attaques ironiques de Monsieur Jean Roncière, mon professeur de français et d’anglais à la si bénéfique influence pour dégourdir mon rédactionnel imprécis. Cela ne me fait pas occulter la vivacité intellectuelle du rival consubstantiel de Mitterrand, lequel a confirmé, par son parcours ayant finalement comblé ses ambitions, qu’un retors machiavélique aura toujours plus d’efficacité pour parvenir à ses fins qu’un loyal fidèle à ses principes. L’humiliation suprême, pour Rocard, se sera manifesté avec, ô paradoxe, le summum de sa carrière : nommé Premier ministre, popularité croissante dans l’opinion (sans doute cas unique, avec Balladur, pour cette fonction carbonisante, cf. le documentaire L’Enfer de Matignon) il devra présenter la démission de son gouvernement sur la pression d’un Fanfan mité ombrageux face aux bons sondages pour celui qu’il avait placé là afin d’émousser ses abstractions aux contraintes du pouvoir exécutif.
Rocard, mort vingt ans après Mitterrand, le temps d’une jeunesse intellectuelle que l’âge avancé n’avait en rien altérée.

Vendredi 8 juillet
La démocratie sera vraiment mature lorsqu’un candidat à l’élection présidentielle osera déclarer qu’il déteste le football et tout le foin autour et qu’il aura des chances de se faire élire.
Les commentaires d’analphabètes haineux publiés sur la page Facebook de Charlie Hebdo, contre la couverture du journal satirique détournant la mort du boxeur Ali pour ridiculiser les propos du con Benzema, font froid dans la cervelle. En les publiant tel quel Charlie a trouvé la seule parade : mettre sous le nez des lecteurs l’infinie indigence intellectuelle des appelants an meurtre.
Envie de vomir : c’est l’effet foot… En boucle sur les médias : les réactions tellement prévisibles des supporters. Ça braille, ça se réjouit, ça fait croire au « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »… que c’est barbant. Clic ! Abstinence médiatique pour ne pas se faire engluer par tout ça.

Samedi 9 juillet
Week-end prolongé à Annecy. Première nuit à L’Auberge du Lyonnais avec, en toile sonore, l’eau du petit canal qui s’écoule via une ancienne mini-écluse. Petite ville comme en retrait des affres du monde.
Plus j’avance dans la lecture du Nietzsche de la collection Apprendre à philosopher, plus je me retrouve dans son radical diagnostic. Tout ce qu’il décèle dans les signes d’une décadence en chemin vers le nihilisme d’une masse aux constituants égocentrés, flopée de Gnathon connectés, s’exacerbe dans ce XXIème aux paradoxes révélateurs. Ceux qui se font exploser au nom du califat autoproclamé ne supportent pas la négation des escroqueries spirituelles qu’ils voudraient imposer à tous. Dans le même temps, nous souffrons d’un rejet systématique de ce qui pourrait constituer la base d’un monde débarrassé des sornettes déistes. Chacun se centre sur lui-même et son cercle immédiat, à reproduire les mêmes processus sans qu’une sortie se profile.
L’horizon technique occulte les réalités primaires, comme un substitut aux dogmes aveuglants. Dans cette cohabitation confessionnelle, les jusqu’aux boutistes s’explosent sporadiquement croyant participer ainsi à une purification des zones mécréantes. Le salut par le carnage : voilà le paroxysme du matérialisme obtus qui forge le pessimisme généralisé, négation des valeurs éthérées.

Vendredi 15 juillet
Terrorisme sporadique. Le troisième de masse en France : Charlie, Le Bataclan et, hier soir, la Promenade des Anglais à Nice : 84 morts de plus dans la besace daechienne. Tout ce qui peut tuer peut devenir arme terroriste. Mohamed Bhelal a lui choisi un camion pour écraser tout ce qui se présentait à son monstre d’acier sur deux kilomètres.
Le calme endeuillé règne à Lyon aujourd’hui. Peu de monde dans les rues et une retenue dans les comportements. Comme si la sidération glissait vers la compassion pour les victimes dans une certaine résignation face aux menaces rampantes.
Les déclarations  d’après attentat se dévitalisent et le journalisme télévisé, sous la pression concurrentielle des chaînes d’information continue (une quatrième, France Info TV, va naître en septembre prochain), s’est affalé dans l’obscénité pseudo informative. Encore un cycle d’affectation, d’ingestion et d’enfouissement (relatif) va s’effectuer. Un soulagement : cent pour cent (le cas Salah Abdeslam à part) des terroristes tueurs en France ont été liquidés.
Que vaudrait, puisque ces intégro-obscurantistes trouvent dans la mort comme un aboutissement mythique, la capture des plus virulents et de les soumettre, non à du doux enfermement, rigolade que la privation d’une valeur, la liberté, qui n’est pas la leur, mais à une torture robotisée alliant souffrance physique et psychique. Tout comme le docteur Guillotin avait conçu son trancheur de tête comme une garantie de non-douleur pour le condamné, un caisson de maintien en vie du prisonnier s’accompagnerait de programmes automatiques entretenant les souffrances de salopards criminels. La société, pour se défendre contre ce nouveau type de jusqu’au boutisme nihiliste, doit inventer de nouvelles formes de sanction qui ne contraignent personne, grâce à la technologie, et permettent de répondre à l’incompatibilité des valeurs attribuées à l’existence. Fantasme irréalisable dans nos sociétés avancées mais qui renverserait la charge terrorisante.

Mardi 19 juillet
Les Niçois, à l’endroit où la charogne du terroriste a git, puanteur humaine, ont laissé quelques ordures en tas, symbole de l’islamiste abattu.
En novembre 2015, indigné par le choix des médias, chaînes d’info en tête, de montrer les photos des salopards criminels sous leur jour rieur, comme un pied de nez outre-tombe des merdes intégristes à leurs victimes, je décidais d’illustrer ma dénonciation du procédé médiatique de photos de monceaux d’immondices. Le seul portrait qui vaille pour ces ordures à éliminer. Neuf mois plus tard, des habitants de Nice ont éprouvé ce même impératif de conchier le cadavre du sinistre dégommé via l’endroit de sa merdique fin.
Bien agréable journée partagée avec Eve M. ex collègue de Cqfd, dans le quartier Confluence et son musée : toujours aussi radieuse et d’une régénérante vivacité. Un antidote à la déprime que de la côtoyer.
La population du pays, entre rage et peine, va de moins en moins se reconnaître dans un système institutionnel aux mains de moulins à formules éculées car trop répétées… Le pays risque gros dans ses fissures amplifiées.

Jeudi 21 juillet
Au retour de ma brasse matinale à la piscine Tony Bertrand (berges du Rhône), je trouve ma BB qui fond en larmes, à bout avec ce sein en moins et ses kilos en trop. Les douleurs physiques atténuées, le poids psychologique s’enfle jusqu’aux crises de larmes. Je me sens totalement désemparé face à ces moments de perdition. Etre présent, affectif, aimant, me mobilise.

31 juillet

Etat de droit pour terrorisme de travers
                                                                                              
Les daechiottes ont déféqué sur notre saison estivale.
Le panorama des attentats commis en France depuis un an et demi édifie sur la visée globale et nihiliste des daechiures : la liberté d’expression, notamment contre toutes les religions, l’insouciance jouissive d’une vie festive, l’intégration exemplaire de la communauté juive, la sphère professionnelle de proximité, les lieux touristiques et nos racines religieuses. Liste ouverte malheureusement.
L’initiative des Niçois de couvrir d’ordures le lieu où le daechien s’est fait refroidir m’a ravi. Dès novembre 2015, j’avais illustré avec des photos de monceaux de poubelles ma dénonciation de l’embellissement visuel dont bénéficiaient les raclures de Daech via les chaînes d’information.
Si nous sommes en guerre, comme le rabâchent les gouvernants, les actes doivent être à la hauteur de l’expression choisie. La tétanisation du pouvoir risque d’attiser la radicalisation des réactions collectives, voire des représailles à l’aveugle. Pasqua avait trouvé la formule adéquate, « terroriser les terroristes » : aujourd’hui il nous faut charcuter les daechiens de l’intérieur.
L’instinct de survie ne peut tolérer cette menace rampante qui pèse sur les actes anodins de nos existences. Certes, un ennemi doit se traiter dans le cadre de l’état de droit, mais celui-ci doit pouvoir s’adapter au contexte nouveau. Tout comme la Constitution possède son article 16, notre cadre juridique doit assouplir ses bornes sous peine de mettre en danger de mort ses citoyens. Il existe une hiérarchie des normes : établissons une pyramide des libertés à la lueur sordide de notre vécu national récent : celle de vivre en sécurité vitale me semble la plus fondamentale, car d’elle dépendent toutes les autres. Que peut-on exprimer, posséder, revendiquer si le premier daechien assigné à résidence peut vous trancher la gorge et se repaître de votre cadavre ?
Et qu’on ne me serve pas le premier des truismes de l’époque : « le risque zéro n’existe pas » ! comme une façon, pour ceux en charge de notre sécurité, de se disculper préventivement des carences, gourdes, négligences fautives… On le sait bien que la perfection n’est pas de cette planète, mais à quoi sert de le rappeler ? Il vaudrait mieux clamer : nous tendons de toutes nos forces vers le risque nul et nous nous en donnons les moyens !
Surpopulation carcérale nous dit-on aussi. On fait bien des baraquements d’urgence pour les réfugiés. Que ne montre-t-on la même volonté à faire garder par l’armée (le temps de former le personnel nécessaire) tous les radicaux susceptibles de passer à l’acte ? Que le référé pénal soit établi pour tous les fichés S en lien avec cet intégrisme et que l’on purge ainsi notre territoire de cette gangrène daechienne
A force d’attendre le passage à l’acte pour que la justice puisse s’affirmer ou que le daechien soit éliminé après qu’il ait commis ses assassinats, on désespère une population prête à se venger elle-même. En refusant de doper l’arsenal réactif ou en ne le faisant qu’à trop petits pas, l’Etat fait le lit d’une guerre civile larvée, par à-coups sanglants. Il est encore temps… car tout ne va pas très bien, Monsieur le Président !

Vendredi 5 août
Ce soir, dixième Nuit du rosée à Fontès, avec quelques dispositions imposées par la Préfecture de l’Hérault. L’attentat massif en ruralité, voilà une idée qui n’a pas encore germé, ou pas encore été mise en œuvre par les Daechiottes…
Sans doute ma subjectivité déformante, mais je trouve une gravité dans l’air de tous les congénères croisés dans ces lieux de vacances. Pas d’exubérance, pas de cri d’insouciante joie de vivre, comme si chacun portait la charge mortifère de ces derniers mois, et surtout des deux derniers attentats. Une réserve semble imprégner faits et gestes d’une population en attente libératoire.

Samedi 6 août
Plutôt convivial, mais un peu surchargée à mon goût, la Dixième Nuit du rosée pour le quarantième chapitre de la confrérie du Grand maître Paul, l’oncle bien aimé. Les V.I.P. de la session se distinguaient surtout par leur filiation prestigieuse : l’un des petits-fils de Charles Chaplin qui, il est vrai, à fait exploser le nombre de branches de sa descendance et le fils du réalisateur Claude Zidi. Cerises de choix sur le gâteau : trois miss dont une finaliste de la session 2016 au visage enchanteur et aux jambes à la Prévert, longues, longues, longues.
Ma rencontre de l’été, c’est avec le déjà si apprécié Luchini : son Ça a débuté comme ça… se colore d’une passion vrombissante qui vous met les sens près de ses joyaux littéraires : Molière, Rimbaud, Céline, Barthes… A chaque page sa petite musique verbale sublime l’approche. Voilà une personnalité avec laquelle je voudrais partager quelque échange improvisé. Il vivifie d’intelligence et pétrit le monde des lettres pour en proposer ses plus savoureux extraits. Un musicien de l’âme, ce Luchini…

Mercredi 10 août
 De Mèze, sa plage, un vent à dézinguer les Daechiottes, ma BB a dû rentrer à Fontès sitôt arrivée par l’impossibilité d’installer un parasol et l’interdiction d’exposer trop longuement son bras curé.
Hier, agréable journée de canoë-kayak sur l’Orb  entre couples, Nalya et Domentin étant restés avec maman pour de la piscine privée.
(…)
Fabrice Luchini virevolte entre ses auteurs cardinaux, avec sa petite musique inspirée. Bondir et revivre à la flore luchinienne distrait des chaos du monde.

Jeudi 11 août
Hier soir, visite de l’oncle Paul et de Liliane. Au cours des échanges, passage musclé entre Jim et moi sur la gestion des Daechiottes par la France. Opposés sur la hiérarchisation des luttes à mener, je perçois chez mon frère une forme de nivellement des dangers au nom d’un humanisme surplombant.
Je considère moi que les tergiversations nous rendent aveugles sur le danger principal. Ne percevoir chez les Daechiottes qu’une création entre les mains des puissances financières  via l’Arabie saoudite et le Qatar, c’est occulter dangereusement la dimension intégriste de l’organisation pseudo étatique. Résister commande de mettre de côté les combats adjacents et les divergences collatérales pour se concentrer sur l’éradications des daechiens & daechiennes.
Ce matin, petit passage agréable à la piscine de L’Evasion. Ambiance bon enfant : Nalya et Domentin participent, au bord de la piscine, au cours d’Aquagym d’une éducatrice sportive en pleine forme et au sourire rayonnant. Elle conseille, en fin de cours, de réserver notre début de nuit (vers une heure du matin) pour admirer la pluie d’étoiles filantes prévue.

Vendredi 12 août
Heïm le refroidi aurait eu 71 ans aujourd’hui. Plaise à l’humanisme qu’il ne les ait pas atteint. Encore que… il eut été bon que je ne sois pas le seul, avant qu’il ne passe la bite à gauche, à l’attaquer à l’écrit de son vivant. Tous ces planqués qui ne souhaitent qu’une chose : vivre sans être emmerdés par quelque engagement que ce soit. Un peu comme la majorité silencieuse de ce pays. Aussi apathique que lors de la dernière tragique période pour le pays.
Découverte des premières pages sur Schopenhauer dans la collection Apprendre à philosopher. Une manière de ressentir le monde que je rejoins dans mes entrailles : les maux de l’humanité devraient interroger tous ces croyants sur leurs certitudes. La pire des hypothèses, celle d’un dieu créateur, occupe l’esprit d’une part dangereuse de l’humanité. L’incohérence révélatrice entre les vertus qu’ils attribuent à leur divinité centralisée et la teneur du monde qu’il est censé dominer, laisse sans capacité réactive. Une folie mystique face à l’aplomb rationnel ne peut se croiser. Le brouillard éjecteur d’affres hante les terres convoitées.

Mercredi 17 août, du Cellier
Et voilà, après deux jours de relecture, mise en page et vérification des transformations des noms et prénoms, Micberth alias Heïm le maudit est sorti de sa clandestinité,  mis à la disposition de qui veut découvrir « les sordides coulisses d’un anarchiste de droite ». Le visé n’aura pas eu le choc de lire ces lignes au vitriol qui se renforcent les années défilant. Après les remous engendrés dans son microcosme, trois ans et demi avant son décès, par la publication de « Tribune libre » pour Micberth en liberté, j’avais observé une pause dans la décortication de cet obsédant sujet.
2013 et l’annonce de sa mort vient conclure (provisoirement peut-être) ce blog que d’aucuns jugeront ordurier. J’attends celle ou celui qui osera déposer plainte pour diffamation, que je puisse judiciairement m’amuser.
Comme une boucle enfin bouclée et qui, j’espère, contrebalancera la tonalité laudative sur Micberth qui a été mise en mots sur le Net par ses proches.

Ce matin, petit acrostweet contre le burkini et surtout celles qui s’en attife. De l’humour, le burkini ? Sûrement pas ! Juste de la provocation civilisationnelle. Se distinguer des valeurs occidentales en affichant son mépris de l’autre jugé indigne de les regarder. Informes tas de viande qui se prennent pour quelque chose d’autres que des bécasses suivistes. Rien à foutre de leur tenue, elles devraient juste la compléter par un pot de chambre bien enfoncé sur leur tête à la tronche irregardable.

Lundi 22 août
Dernière semaine de cette longue pause estivale que nous allons partager avec les parents B. après le départ, ce matin, des P. Pas mécontent de la fin d’une présence bruyante et stressante. Un peu de calme et de sérénité avant la reprise en douceur pour moi. Ma BB ne devrait reprendre qu’à la fin octobre en mi-temps thérapeutique.
Demain, journée en duo : restau et plage à Saint-Michel Chef Chef, la première côte de Loire atlantique où elle m’a emmené à l’été 2002. Tout passe, avec un peu de casse organique depuis…
La déconnexion d’avec l’actualité est quasi-totale pour moi : je vérifie juste rapidement via Google qu’il n’y a pas eu de nouvel attentat en France. Les tensions vont se cumuler pour cette rentrée.

Mardi 23 août, 15h10
Sur la plage de Saint-Michel Chef Chef après un déjeuner à la crêperie du Bac au blé : la marée est au plus bas et je n’ai pas réussi à avoir de l’eau au-dessus du genou. Parfait pour la pêche à pied, incompatible avec une nage en eau rafraîchissante. Cette dernière plage de l’été 2016 se restreindra au bain de soleil.
Ça sent la fin de saison…

Jeudi 25 août, 9h02
Le bilan en Italie, après le tremblement de terre d’une magnitude supérieure à six, ne cesse de s’alourdir. Bien loin la douzaine de morts d’il y a vingt-quatre heures : c’est plus de deux cent quarante victimes, sans compter les centaines de blessés, qu’il faut enterrer, et le compteur funèbre n’est pas encore arrêté. Ces hoquets terrestres nous rappellent l’imbécillité ontologique de la croyance religieuse à l’image de ces rescapés qui, dans un sursaut de foi, remercie ce dieu de les avoir « sauvés » mais ne crache pas à sa divine gueule pour avoir laissé écraser le bébé de sept mois ou leur bon voisin.
Michel Butor est décédé hier : une belle vie littéraire et voyageuse. Mon acrostweet en hommage devra commencer par « Modification » ou un vocable dérivé.
Ai envoyé un texto à la famille R.  de compassion éventuelle par rapport à la tragédie italienne en cours. Nous mangeons ce soir chez la délicieuse Mélia, elle aussi très liée à la botte sismiquement malmenée.

Vendredi 26 août, 9h58
Hier soir, dîner chez Mélia et Michel (l’ancien maire du Cellier) au Rochereau. Une maison de style à la limité du castelet surplombant les bords de Loire et qui, par son âme, son intérieur, m’évoque ce que pouvaient être les demeures de ceux que côtoyaient Léautaud, notamment le docteur Le Savoureux. Agréable soirée, mais un détail curieux : à l’arrivée comme au départ, la maîtresse de maison (déjà vue deux ou trois fois) me serre la main alors qu’elle embrasse tous les autres. Y aurait-il eu un recadrage au sein du couple par rapport à une effusion précédente ? Suis-je considéré comme un mâle encore trop jeune – le seul autre homme présent ce soir-là, hors son « chaton » de mari, c’est André qui a plus de quatre-vingts ans – pour pouvoir être bisouillé ? Existe-t-il une raison plus inavouable de rejet que je n’aurais pas perçu les fois précédentes ?
Malgré la chaleur pesante (nous mangions dans la véranda ouverte), André s’est montré malicieux, bavard et convivial comme à son habitude et même davantage du fait, je le subodore, de la présence de l’électrisante Mélia. Moi, en revanche, j’ai plutôt été en retrait : pas de saillance, pas de digression sur ma propre vie ou mes écrits. Je me sentais tel un étranger reçu parce que lié aux vrais invités.
Ce soir, l’état d’esprit devrait se métamorphoser : ma BB et moi sommes reçus chez Laure et Daniel.

Lundi 29 août
Depuis le jardin du Cellier, une température bien plus clémente, une brise bienvenue.
Quelle agréable semaine passée avec les parents B. : une complicité renouvelée avec André pour des échanges espiègles. Nous repartons mercredi pour Lyon où déjà huit élèves (dont cinq CESU) se sont manifestés pour poursuivre un suivi pédagogique avec moi. De bon augure pour cette année scolaire.
A l’arrière, un jardin mitoyen accueille deux couples en discussion : parmi eux, une bonne femme, sans doute sujette à l’embonpoint, ne cesse de se lamenter sur toutes les privations sans effet qu’elle s’impose. Ses paroles en boucle, elles, s’imposent comme un menu auditif indigeste !

Mardi 6 septembre
Une rentrée en mode progressif pour moi : cours particuliers qui démarrent (trois pour demain après-midi), la prépa au concours infirmière qui débute à Ipso ce vendredi et pour les Sécurités publiques à compter du 26… Je profite de ces journées pour faire ma pub via affichettes et flyers déposés chez des commerçants, notamment dans les troisième et sixième arrondissements. Quelques CESU de plus seraient le bienvenu pour réduire l’appel aux organismes exploiteurs. Ainsi Anax qui m’a proposé une prépa au concours de greffier – du niveau supérieur donc – pour une rémunération de 18 euros net qui n’atteint même pas ce que je demande pour des élèves en seconde et qui, de surcroît, n’est pas constitué que de salaire… L’arnaque totale donc, que je prends par intérêt pour l’objectif pédagogique.
En fin d’après-midi, j’envoie un message accusatoire à Mona J. sur le profil Facebook qu’elle partage avec sa fille Nathalie. Je lui ai fait part des rumeurs infâmes courant sur l’oncle Paul et dont elle serait la génitrice et la propagatrice en chef. Dix minutes plus tard sa fille me répond froidement et tente de me donner une petite leçon de relations humaines. Je lui réponds tout de go en aiguisant davantage mes attaques. Quelques heures plus tard, je vire ce profil de mes amis facebookiens.

Lundi 12 septembre
Quinze ans après, les sceptiques aux fondements mous se multiplient. Aucun témoignage d’un acteur clef des attentats du 11 Septembre 2001 n’a remis en cause la paternité al qaïdienne de cette attaque, peu importe pour les conspirationnistes… tout comme les négationnistes, l’autarcie de leur pseudo scientificité suffit à entretenir leurs fantasmes sur l’histoire du monde.
Une semaine encore légère en interventions, mais tout se met en place pour une année pleine en soutien scolaire avec, pour la première fois, une majorité de CESU… moins d’heures travaillées pour une bien meilleure rémunération horaire. Pouvoir se passer des organismes goinfres et exploiteurs, voilà une tonalité mélenchonienne que je m’approprie volontiers pour stigmatiser les acteurs-abuseurs de ce secteur économique.
Les primaires à droite s’annoncent comme les jeux du cirque politique. Un Sarko cerné par les menaces judiciaires, un Juppé en quête du bon ton, un Fillon qui n’accroche pas et les seconds couteaux qui tentent de se faire entendre… La démocratie se meurt.

Jeudi 15 septembre
L’obsession du festif pour pallier la désespérance de ce monde. A voir les terrasses bondées des berges du Rhône, ce soir, ainsi que des cafés place des Terreaux, le tout depuis mon vélo’v  de retour après un cours particulier donné quai Saint-Vincent, je songeais au passage à l’acte d’un daechiotte. Pas assez puissant pour changer la nature du pays, suffisamment barbare pour engendrer de sporadiques terreurs heureusement vite surmontées par la population en quête de distractions dérivatives.
L’Etat, via les représentants du pouvoir exécutif, s’est encore une fois ridiculisé dans une initiative mal cogitée : la mise en place d’une décoration destinée aux victimes d’attentat que l’on place au cinquième rang, en importance, donc au-dessus de certaines décorations militaires pour bravoure. Une victime n’ayant cherché qu’à sauver sa propre peau, ce qui n’a évidemment rien d’illégitime, se verrait reconnue par la République d’une façon plus élevée que le militaire engagé dans le sauvetage de civils.
Toujours à s’agiter le cortex pour pondre de nouveaux dispositifs sans vraiment tout intégrer. L’Etat brouillon a succédé à l’Etat providence. L’improvisation sans talent cumule les fausses notes : avec le pouvoir actuel, la mélodie testée s’impose en cacophonie assourdissante.
Le procureur a requis trois ans de prison ferme contre Cahuzac…

Lundi 19 septembre
Ce matin, appel de la Veuve hargneuse à propos de mon blog Micberth alias Heïm le maudit. Elle ne veut pas que j’utilise le patronyme protégé comme marque… première confusion juridique. « Vous écrivez bien ce que vous voulez… » mais surtout sans qu’on sache que cela vise son feu mari. Une vérité sans visage en somme. D’un ridicule consommé. Je lui rétorque qu’il n’est pas question pour moi de faire disparaître ce nom et qu’elle devra adopter la voie judiciaire… Réponse révélatrice : « Vous n’attendez que cela et toute votre existence tourne autour de ça ». Un peu surdimensionné comme place attribué à celui dont elle exploite la collection pour vivre matériellement alors que je ne fais que laisser un témoignage sur mon vécu dans son entourage, sans que cet écrit ne me rapporte quoi que ce soit financièrement.
La voilà donc au courant : je suppose qu’elle, et ceux qui l’entourent, ne résisteront pas à lire ces pages qu’ils jugeront ordurières pour celui qui s’adonnait à l’insulte, à la grossièreté et à la critique chargée permanente. Ironie des parallèles que j’assumerai jusqu’au bout. Quitte à être le seul, parmi tous les êtres dont il a abusé, à contrecarrer la petite musique laudative du Net sur lui, et bien je porterai ce message, et de plus en plus bruyamment si ses défenseurs se manifestent et me cherchent des noises.

Mercredi 21 septembre
Le genre littéraire du témoignage brut et instantané, sans fioriture romanesque ou rabotage essayiste, se digère très mal. Alice m’a appelé hier, en pleurs, après avoir découvert que ce qu’elle m’avait confié (sans d’ailleurs me spécifier l’interdiction de l’écrire) qu’elle-même tenait d’autres victimes de Heïm, se retrouvait sur Internet. J’ai changé tous les noms et prénoms, mais cela ne suffit pas.
Comment rétablir la complexité sordide d’un Heïm loué sur la toile sans aborder les faits les plus immondes ? J’ai décidé, pour ne pas blesser supplémentairement les ex proies de Heïm, de supprimer certains détails. Alice semblait aussi très affectée par la perception de ses enfants par ma maman, suite à leurs retrouvailles. Tout cela remue et j’admets l’indécence de la pratique diariste qui, au nom de la transparence sans recul, laisse s’exprimer le plus abruptement l’intimité de confidences.
A suivre…
A noter qu’elle me suggère d’en faire un roman, ce genre pouvant s’autoriser à être le plus cru et croustillant possible puisqu’il se revendique fruit de l’imagination. Quelle hypocrite démarche que celui du romancier au projet de transposer du vécu pour se permettre de tout dire… Je préfère l’imperfection sincère et brouillonne de ces pages qui ne se dissimulent pas derrière une mise en scène séduisante et un échafaudage liant. Pas besoin de ces artifices.
22h30. Avoir laissé le libre accès aux « pages écartées du Journal à taire et du Journal en retrait » va me positionner en tête des viscérales haines des inconditionnels (et il y en a encore) de Heïm. Un statut assumé pleinement et qui me conforte dans ma démarche : que du nauséabond dans les reliquats de cet univers moribond. Entendre la Veuve hargneuse me sommer de ne pas toucher au nom « Micberth » me fit presque trembler de rage… Victime de cette pourriture, désormais à la place adéquate, je devrais en plus me taire, ne surtout pas salir son patronyme… Une vraie gerbe me prend rien qu’à jauger la médiocrité humaine de la démarche. Le fait que son feu mari ait abusé toute sa vie d’enfants ne la gêne en aucune façon l’indigne hargneuse, rien, pas un début de réflexion, d’autocritique, de remise en cause de sa perception du pédocriminel qu’elle avait choisi elle qui, avant, il me semble, gravitait dans les sphères humanistes de la Sorbonne ? Tout ça en cendre, plus qu’une replète bourgeoise se prenant pour une châtelaine, bien calée sur les ronds à se faire avec la sacralisée marque « Micberth ». Le reste, à surtout nier… Opportunisme sordide à évacuer avec les immondices dans lesquelles elle se fondrait sans peine. D’une ordure l’autre, en somme.
A voir la Bassine, à ses risibles Estivales, déblatérant sa sauce nationaliste-sociale au fond de teint trop ripoliné, je ressens le même dégoût des ficelles manipulatrices à l’apparence inoffensive qui forgeaient la dangereuse mesnie facticement affective. Du pouvoir politique à l’oppression familiale, une différence de zone à dominer mais des fondamentaux similaires.
Côté pro, tout se met gentiment et progressivement en place côté Cqfd et côté cours particuliers. Neuf élèves, passant à onze à la fin de ce mois et, la semaine prochaine, début de la préparation au concours Sécurité publique à Cqfd. En rythme de croisière programmée, 26 à 27 heures de FFP… une bonne moyenne pour ne pas me surcharger… d’autant que la conception de sujets pour le concours de médecine se profilera en début d’année prochaine.
Les primaires de la droite vont s’écharper et le fond sera encore sacrifié au profit de simplistes formules assassines. La démocratie vit certainement une forme de décadence…

Jeudi 22 septembre
Encore un mauvais coup porté à l’UE, mais cette fois par l’un de ceux qui étaient censés l’incarner avec exemplarité. Une ancienne commissaire européenne, Neelie Kroes qui, tout en étant chargée de la concurrence dans l’UE, dirigeait une société aux Bahamas avec tous les soupçons de conflits d’intérêts que l’on peut en déduire. Finalement, rien que de très logique pour une Commission dont le président, une fois son mandat en quart de teinte achevé, a choisi d’intégrer la plus repoussante des banques d’affaires, celle qui avait notamment aidé la Grèce à maquiller ses comptes et dont la responsabilité dans la crise mondiale de 2008 est loin d’être accessoire, la feutrée Goldman Sachs… qui mériterait un acrostweet cinglant sur ses activités déstabilisatrices pour l’économie planétaire. Le Barroso a déféqué sur sa fonction antérieure pour asseoir son cul suant dans les cuirs rares de l’établissement financier. Pas le buste du sieur qu’il faudrait sculpter pour l’enceinte européenne, mais l’étron qu’il vient de laisser tomber sur les institutions déjà si vilipendées.
Juncker, son successeur, a lui défendu le paradis fiscal d’où il vient, le Luxembourg pourtant membre de l’UE. Aussi choquant que, pour l’ONU, d’avoir confié un temps la présidence du Comité des droits de l’homme à… Kadhafi. Tout semble fait pour que l’UE implose.

Vendredi 23 septembre
Message téléphonique d’Alice m’informant qu’elle a été entendue une heure (au téléphone) par la police judiciaire de Caen à propose de sa mère Nicole F. qui, à 72 ans, se retrouve en détention provisoire dans une affaire de drogue dans laquelle son (ex) mari roumain (mariage blanc a priori) est impliqué jusqu’au cou. Elle a tenté de remettre en perspective l’existence tourmentée de sa mère, notamment par l’évocation du terreau micberthien et de ses sordides dérives. Mon témoignage via Micberth alias Heïm le maudit trouverait ainsi une fonction de mise en contexte salutaire pour la suspectée. Décidément, chacun y trouvera de quoi moudre.
Quelle fin pathétique pour celle qui a été chassée, au début des années 80, du château d’O par un Heïm en quête de chair fraîche, après des centaines d’heures d’humiliation verbale (voire physique) devant maîtresses et enfants réunis en tablée inquisitoriale contre la tête de Turc du moment.

Dimanche 25 septembre, 21h55
Demain, ma vraie rentrée pédagogique à Cqfd campus puisque je passerai de trois à quatorze heures par semaine avec le début des prépa concours Sécurité publique : un petit groupe de treize ou quatorze auditeurs…
Demain, premier débat Clinton-Trump. Si la personnalité d’Hillary n’a rien de bien charismatique, ce qui s’exhale du sinistre Donald et de ses expectorations discourantes préfigure le pire pour l’humanité si le peuple américain se laisse aller à le porter à la tête de l’encore première puissance mondiale. Qu’il n’en ait rien à foutre du reste du monde, une évidence de comptoir, source de sa simpliste rhétorique. Un candidat à l’image de la part la plus médiocre et arrogante du pôple. La mondialisation nous rend interdépendant et ce choix sonnerait comme l’amorce d’une perdition du monde encore vivable que l’on connaissait. La démocratie a permis l’accession au pouvoir d’un Hitler très vite engagé dans la voie autocratique, elle pourrait laisser les rênes dirigeantes à un commerçant nationaliste persuadé de son bon droit… une sorte de poujadisme wall streeté avec toute la démesure américaine en plus.
En France, vient le temps des primaires, aux USA poindra peut-être l’ère du primaire…

Lundi 26 septembre
Prépa concours Sécu publique : petit groupe de treize personnes qui me semblent bien motivées. Je les retrouve demain pour deux tranches d’1h30…
La stratégie politique n’a rien de nouveau pour la conquête du pouvoir démocratique, mais la façon d’opérer révèle plus que jamais la médiocrité d’une partie du personnel politique. Patrick Buisson doit sortir cette semaine Pour la cause du peuple, réquisitoire contre celui qu’il avait enregistré clandestinement, Sarkozy. Si cela permet d’éclairer sur celui qui se voit à nouveau à la tête de l’Etat, la salauderie du procédé en vaut la chandelle. Aucune empathie à avoir pour ce genre de carnassier politique.

Jeudi 29 septembre
Filandreuse époque qui entretient ses escarres humaines. Rien d’engageant, tout de l’étroit repliement. Buisson qui sort un pamphlet : on souligne ses qualités de polémiste, mais on décrédibilise la portée de ses attaques. Le sérail l’accueille sur ses plateaux tout en se pinçant le nez. Il aura fait sa petite tournée médiatique assurant ventes et rentrées monétaires. Très loin du révélateur désintéressé. De la triple couche opportuniste, ex saprophyte de la Sarkozy et dissimulateur en série. Rien de bien glorieux, mais pas grave, on l’invite et on lui fait gratos une pub de premier plan, ce qui se travestit en info. Copains & coquins… du classique.
Emouvante inauguration de l’imprimerie restaurée, à Dammartin, qui avait pris de plein fouet l’intervention du GIGN contre les terroristes Kouachi retranchés. Le dirigeant de l’entreprise, monsieur Catalano, avait eu une attitude exemplaire qui lui vaut aujourd’hui la reconnaissance de la République via une légion d’honneur qui, là, a du sens, contrairement à cette décoration nouvelle imaginée pour les victimes passives des attentats.
R.A.S. côté perso. Même la Veuve hargneuse semble avoir ravalé son fiel imbécile. Peut-être, en tout cas je luis souhaite, s’est-elle rendu compte de l’infini ridicule d’une démarche judiciaire pour ce feu personnage public qui a si souvent écrit et dessiné le pire contre ses contemporains. Et lui, il faudrait le ménager ? Jamais ! Quitte à tout étaler sur cette place publique déjà bien bréneuse.

Dimanche 2 octobre
A quelques jours de mes 47 ans… et de mon 400ème acrostweet à publier dans mon répertoire. Comme le peintre s’essayant à l’autoportrait, je l’ai conçu sur moi, sans complaisance. Il attendra le six pour s’intégrer dans la déjà conséquente galerie des « noms peu communs et des non-propres ».
Autre sujet léger, puisque le terrorisme nous laisse un peu de répit : depuis quelques venues dans le parc Tête d’Or, à chaque passage devant le bronze rappelant la tenue d’un G7 à Lyon dans les années 90 (je crois…) je constate une concentration de personnes, portable en main, yeux rivés sur l’écran de part et d’autre de l’allée. Déduction sur cette masse sans goût particulier pour le calme et l’esthétique des lieux : des Pokemon Goers attendant de pouvoir augmenter leur score. Suivisme pour un jeu de piste qui monopolise l’attention. La dernière fois, alors que j’étais au calme sur un banc face au lac, d’un coup, des dizaines de personnes quittent la zone précitée pour se rendre vers là où le commande le jeu décérébrant via la roseraie. Quelques glandus s’excitent par des cris sporadiques, pensant peut-être ainsi augmenter leur capacité motrice, la plupart avance tête baissée vers l’écran pour suivre la virtualité du réel parc.
Tout cela ramène à la fiction des mal-nommés réseaux sociaux. Se croire quelque chose par le couperet statistique, depuis la masse des amis facebookiens jusqu’au cumul de followers sur tweeter… De la caisse de résonance pour le pas grand-chose déblatéré, nouveau critère de sociabilité… Je  limite mon espace sur ces deux supports virtuels aux seules pontes littéraires qui me viennent…

3 octobre
Et si la politique retrouvait une certaine gueule ?
« Nous, soussignés François Hollande et Nicolas Sarkozy, sains de corps et d’esprit, décidons de nous retirer de la vie politique française. Etant donné la situation de notre pays et les choix cruciaux qui l’attendent, vu notre vaine tentative respective de redresser ou de changer le pays, au regard de notre incapacité à honorer la plupart de nos promesses électorale…

L’avis extrapolitique attendu

Après la publication d’un sondage ou plus de soixante pour cent des citoyens interrogés réclament une retraite politique anticipée pour les deux derniers occupants de l’Elysée, je me prends à fantasmer un moment de grâce politique comme les professionnels du pouvoir ne nous en offrent que deux ou trois par siècle…

« Attendu que la situation critique du pays requiert un sursaut de lucide dignité ;
attendu que notre occupation successive des fonctions présidentielles n’a pu permettre de redresser ou de changer favorablement la France ;
attendu que le constat s’impose d’une incapacité à honorer les plus importantes de nos promesses électorales ;
attendu que notre mandat respectif s’est tiraillé entre stratégie politicienne en vue de l’échéance électorale suivante et gestion improvisée dans des contradictions néfastes pour le pays ;
attendu que de bling-bling en couac, de couac en tweet-tweet, nous n’avons pas su préserver la sacralité de la fonction ;
attendu que la place hypertrophiée accordée à la communication au détriment de l’engagement véritable n’a fait que décrédibiliser davantage l’exercice du pouvoir rendu gesticulatoire ;
attendu que la vitalité démocratique commande de ne pas s’acharner dans une dynamique purement opportuniste ;
attendu que nous devons tendre à l’exemplarité en reconnaissant nos erreurs et en affrontant de pesantes accusations ;
attendu que nos candidatures font courir le grave risque, par l’absentéisme accru d’électeurs écœurés, de la consolidation des extrêmes ;
attendu que les débats de la prochaine campagne s’en trouveront, sans notre présence, renouvelés et que le sens frais aura ainsi une chance d’émerger ;
attendu qu’un nouveau souffle de l’Union européenne ne peut se concevoir avec une France présidée par un déjà-vu ;
attendu que l’hypothèse d’un monde agité par le stratège Poutine et l’imprévisible Trump exige la régénération d’une forte voix française ;
attendu que notre vénération affichée, feinte ou réelle, pour l’intégrité gaullienne de l’occupation de la présidence de la République française exige qu’une fois, dans notre déjà long parcours politique, nous nous hissions à la hauteur de notre référence ;
attendu qu’est venu le temps d’une éthique de l’exercice du pouvoir tout entier dédié à l’intérêt général et non à la satisfaction de visées personnelles inavouables ;

Par ces motifs, nous, François Hollande et Nicolas Sarkozy, sains de corps et d’esprit, avons l’honneur de ne pas solliciter vos suffrages et ce pour ne pas obérer les chances pour notre pays chéri et pour l’Union espérée de viser au mieux un cap salvateur. »

Auraient-ils assez d’épaisseur humaine, de sens du sacrifice d’une carrière déjà suffisamment comblée, de perception assez aiguë de l’exaspération furieuse du pays pour oser ensemble ce choix laissant ainsi, pour un court instant, la sphère médiatique sans voix et pour la France une perspective plus enthousiasmante ? Evidemment non… Si la vie extraterrestre apparaît de plus en plus probable, l’avis extrapolitique ci-dessus ne peut prétendre qu’au néant.

Samedi 8 octobre
Pierre Tchernia décédé la nuit dernière. Impression de tourner à vide, sans intérêt. Ruminer le prochain acrostweet, diffuser vainement et ainsi de suite. Je ne dois écrire que pour moi et n’utiliser la publication sur Internet que comme support de sauvegarde. Rien de plus. Les semaines défilent sans « rien de sensationnel » comme dirait BB à sa mère au tél. Elle a sans doute raison, même si le mot ne m’enchante pas tant il révèle l’affadissement d’une existence. Ne me reste que ces pages pour un peu de saillance. Le reste défile sans valeur. Si, tout de même : le couple Yul & Dalyette amène un zeste de pétillance lorsqu’on les retrouve. Seules personnes que je vois régulièrement. Cercle relationnel réduit à l’essentiel viable. Le reste au néant.

Dimanche 9 octobre
Pas besoin de terroristes pour étaler l’abjecte facette de l’être barbare. Ce week-end, en région parisienne, une quinzaine d’humanoïdes ont tendu une embuscade à une voiture de police pour en faire cramer les occupants. Devra-t-on, encore et toujours, trouver des explications à leur crime ?
Cette après-midi, au Parc bien frais, ponte des paroles sur « Tu peux préparer l’café noir » en vue des dix ans de mariage et soixante-dix ans pour chacun, « Liliane & Paul, belle histoire » que nous irons fêter le 30 octobre à Fontès.

Mardi 18 octobre
L’étalement présidentiel va de pair avec l’affalement de l’occupant élyséen dans la logorrhée fangeuse. Les journalistes du Monde ont bien joué : dernière marche de la descente hollandaise aux oubliettes politiques. L’histoire a connu les rois fainéants, avec Sarkozy puis Hollande s’amorcent peut-être l’ère des médiocres présidents davantage préoccupés par leur plan de communication que par la hauteur et la cohérence de leurs actions politiques. Le bling-bang est un peu la synthèse du Sarkhollande qui malmène le pays.
Le reste des têtes de gondole politique ne transcende pas davantage. Se laisser gagner par un défaitisme morose…

24 octobre, 10h02
Ma BB a repris ce matin à 6h30 le chemin du boulot après plus d’un an d’absence. Son mi-temps thérapeutique lui permettra de récupérer.
La jungle de Calais a commencé à être vidée de ses occupants, et moi je suis cloué dans mon fauteuil, une bouillotte dans le bas du dos pour calmer des douleurs persistantes, voire grandissantes, qu’une séance ostéopathique n’a apaisé qu’une journée. Je dois revoir cette Amandine S., route de Genas pour, j’espère, une fin à ce handicap minant.

25 octobre, 23h15
 Nouveau passage chez l’ostéo. avec détente des muscles du bas du dos au programme, après la focalisation sur les articulations à la première séance, la cause de cette douleur diffuse… Un équilibre à trouver entre les deux pôles. A cinquante euros la séance, j’espère que ce sera la dernière.
Demain, visite des parents B. jusqu’à vendredi matin.
Rien de bien inspirant dans cette époque aux rances relents. A ruminer : vocation du diariste.
Ma lecture, plus ou moins survolée, de Charlie hebdo constitue un bon test de tolérance des idées parfois bien contraires aux miennes. Continuer, comme un hommage renouvelé à ce qu’a si funestement payé sa rédaction pour avoir usé d’une si précieuse liberté.

1er novembre
Le cortex dans le scepticisme de Hume en vue d’un soutien en commentaire philosophique demain, je relativise tout le reste, notamment l’utilité des interventions ici. Pour quelques notations familiales, et encore.
Le petit week-end à Fontès en deux temps : un vendredi soir déjanté avec les deux couples si chaleureux (Yvonne & Kevin et Pétale & Fabrice) ainsi que la famille Jim, maman et Robert m’inclinant à une petite folie dans l’interprétation improvisée du « Pinard c’est de la vinasse » comme un retour des si folles soirées de l’époque Jean (dont nous n’avons plus de nouvelles depuis des lustres).
Samedi soir, plus sage et convenu au Zèbre (restaurant sans chichi au cœur de Fontès) pour fêter les 70 ans de Paul & Liliane ainsi que leur dix ans de mariage. Plus nombreux, avec moult inconnus, je ne me sentais pas totalement en phase. Sympathique mais sans complicité véritable.

Les hommes de l’ombre, série française qui sait à merveille combiner les mille et un constituants de la tragédie politique avec ses noirceurs, ses arrivismes, ses médiocrités, ses trahisons, le tout sur fond d’argent public dépensé pour entretenir ces ébats et ces combats. La vraie saloperie du pouvoir est d’abord due à des citoyens qui, tout en exécrant leur personnel politique national, s’en remettent à eux pour chaque facette de leur existence, comme une déresponsabilisation revancharde et outrancièrement rancunière.
Des primaires à l’élection, c’est presque le tiers du mandat présidentiel qui est phagocyté par ce processus qui n’a plus de démocratique que les gesticulations oratoires sans droit de suite, avec multiples contradictions et reniements, qui n’engagent plus le pays dans une direction assumée. Tant que le mandat unique ne sera pas instauré, la course obsessionnelle supplantera l’action bénéfique. Un septennat unique pour qu’un politique d’Etat mette vraiment en œuvre son programme, seule solution…

5 novembre



Le Trump pète des insanités

Il grouinait dans ses tours, loin de la politique,
Fripouill’ comme il se doit, lourd d’affaires éclectiques,
Magouillant sans arrêt pour engraisser son beurre,
Et toujours s’imposer en magnat paradeur.
Obsédé par son blé, il a su bien se vendre
Et des impôts si peu payés grâce aux méandres,
Des paradis fiscaux, des obscur’s sociétés,
Tout en faisant le show d’une émission télé.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.

Et le voilà choisi aux bien nommées primaires,
Par un parti groggy, Républicains amers
D’avoir un malfaisant pour toute incarnation
En vue de remporter l’ultim’ compétition.
Ainsi catapulté, l’échevelé galope
Croyant faire oublier son passé interlope.
Rien qu’un opportuniste aux envolées grossières,
Rien qu’une impunité à réduire en poussière.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.

Pour chaque intervention, la charge est explosive,
Et ces déflagrations, le bougre, il les cultive,
Car plus il vitupère, salaud provocateur,
Plus il sert les instincts bas de ses électeurs.
Du Mexicain violeur au musulman bestial,
Tous ces gens fustigés par son discours fécal
Pourraient bien l’empaler par où il se répand :
Mettre près du rectum sa langu’ de charlatan.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.

La gente féminine, elle aussi, il la blesse,
Bouc blondinet en rut, vantard sur ses prouesses,
Vieilless’ libidineus’ s’égarant dans ses choix,
Empoignant toutes les « pussies » qui lui échoient.
Les prétextes virils d’un gras machiste infâme
Vengent les frustrations des échoués qui clament
Leur sexe supérieur comm’ si cette portion
De chair déterminait le rang de cett’ faction.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.

Guitare doublée

Le Donald déchaîné contre Hillary s’invente
Une virginité de biche évanescente :
Lui, l’intègre modèle, Clinton la criminelle,
Il voudrait que l’on gob’ de si grosses ficelles.
Bien moins drôle que Duck, il canard’ sans finesse,
Et parmi tous ses « fuck ! », le comble de bassesse
Revient à son délir’ d’un Obama démiurge
De Daesh. Triste pitr’ ce Trump qu’il faut qu’on purge.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.

Les mamours à Poutin’ révèlent un penchant louche
Du pseudo démocrat’ qui s’annonce farouche
Rebelle au résultat le plaçant en retard :
Un’ menace éhontée d’un candidat qui foire.
Déchaîner tant le peuple, insulter l’adversaire,
Cherche-t-il le chaos, une élite à fair’ taire ?
Veut-il, en bon escroc, faire sa pub en sus ?
L’Amérique dériv’ vers cet olibrius.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.

Vesserait-il plus fort, le Trump un peu girouette,
S’il se sentait au seuil de la Blanch’ Maison chouette,
Si le feu nucléaire proche de son index
Stimulait cette morgue, déjantait son cortex ?
Tragique jeu de rôl’ d’un mond’ qui dégringole
Où le bal des égos rend la campagn’ mongole ;
Prendre son droit de vot’ pour cracher sa berlue,
C’est fair’ du blond qui rote un despot’ résolu.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.

Après c’tour de l’imbu qui songe à sa conquête
Par ce trop-plein d’abus au niveau d’la braguette :
Plaindre l’Américain qui, face aux malfaçons
Démocratiques, en vain choisira sans passion
Hillary pour quatre ans, Trump torché un peu tard,
Et les mêmes tourments, de persistant’s escarres.
Restent les flatulences, en suspens dans l’histoire,
D’un gougnafier en trans’ qui a voulu s’y croire.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.

Mercredi 9 novembre
Chamboulé par le documentaire Cellule de crise vu en pluzz ce soir et consacré à la chronologie détaillée des attentats du 13 novembre 2015 et aux défaillances des services de santé et de sécurité lors de leurs interventions hors normes. L’impression d’une part d’improvisation brouillonne, de règles contreproductives (comme cette zone d’interdiction aux personnels de santé qui empêchent les premiers soins vitaux à des blessés qui mourront…). Le sang-froid des terroristes, moins d’une quinzaine sur les théâtres d’opérations simultanées, laisse augurer une terreur bien plus profonde lors du retour d’Irak et de Syrie de djihadistes français. Espérons qu’un maximum sera liquidé sur place.

Le Trump fraîchement élu, lors de son premier discours improvisé post-campagne, semblait presque décontenancé d’avoir gagné. Il a endossé le ton consensuel avec une remarquable hypocrisie vu ses excès langagiers de ces derniers mois. Dès le 25 septembre dernier, dans ces pages, je considérais l’hypothèse d’une élection du pas drôle Donald Fuck… et finalement peu de paroles à changer dans le Trump pète des insanités pour adapter la chanson à la nouvelle.
A voir la mine renfrognée du plus jeune de ses fils, sur la scène d’intervention de Trump, on peut supposer le peu d’entrain dans cette présence imposée par le patriarche-président.
Une amabilité d’un anonyme internaute sous un de mes commentaires renvoyant à mes paroles interprétées. Il trouve cela « ULTRA CON, tu comprends ??? ». Pas le début de la trace d’un argument, juste cette simpliste sentence. Combien il faudrait pouvoir baffer ce genre de raclure… quel dommage de ne pouvoir remonter à la source pour pouvoir épingler le planqué…

Vendredi 11 novembre, 7h12
Ma BB partie de matin à 6h25 pour son premier labeur trois jours de suite. En espérant qu’elle ne s’épuise pas trop.
Pas parce qu’un peuple choisit tel ou tel dirigeant, prend telle ou telle décision via un référendum, que l’on doit s’agenouiller devant son choix et s’interdire tout jugement sévère sur une dérive collective. Que la majorité des femmes blanches aient voté Trump, après toutes les saloperies qu’il a pu débiter sur la gente féminine et la menace qu’il fait peser sur l’avortement, m’apparaît une arriération citoyenne aussi énorme que pour celles qui s’embrigadent dans Daech… Un masochisme social qui défie tous les principes d’évolution d’une civilisation.
Le XXIème poursuivra sa folle course technologique, mais les comportements stagneront encore dans de primaires zones, comme une régression sporadique, sans avenir. Dans la série déjantée Mr Robot, un passage au vitriol du personnage Eliott, alors sous psychostimulants, contre les religions. Une lucidité sans concession qui fait du bien…

Vendredi 13 novembre
Après ce haut-le-cœur littéraire contre le vilain gros Donald, je suis revenu à mes acrostweets d’hommage. Hier à Leonard Cohen, artiste que j’écoutais peu mais dont la profusion créative et l’humanisme exacerbé a motivé cette mise en mots de son identité administrative…
Aujourd’hui, un acrostweet pour une bien vivante, exemplaire dans sa démarche, l’ex salafiste « forcée » dix-huit années durant qui a décidé « d’être libre » et qui, surtout, a eu le courage de témoigner dans un ouvrage. Henda Ayari a bien reçu mon hommage par tweet, l’a aimé, selon le clic correspondant, et l’a retweeté à ses quatre cents followers… Quel meilleur exemple à offrir pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015… hier soir, le grand Sting redonnait des vibrations musicales au Bataclan. J’avoue qu’il y a un an je doutais fortement, je crois l’avoir écrit ici, que cette salle puisse à nouveau servir d’antre festif de la musique, avec les monceaux de victimes lâchement exécutées qui s’y étaient trouvées. J’avais finalement tort, ce que m’a démontré de la plus gentleman des façons Monsieur Sting…

Samedi 14 novembre
Déjà Trump commence à adoucir, faute de moyens ou de réalisme, certains points de son programme, mais il nomme comme l’un de ses plus proches conseillers un suprématiste d’extrême droite contre l’avortement. Tout commence, pour le pire et… le pire.

Mercredi 16 novembre, 22h26
Macron s’est déclaré comme candidat pour les élections présidentielles de 2017. Certes, la stratégie médiatique a primé sur le fond, mais sa posture était empreinte d’une grave détermination à la hauteur des enjeux. Sa double perspective pour le pays : se défaire des pesanteurs administratives et réglementaires pour ceux qui travaillent dans des modèles autres que le salariat mono-employeur et protéger au maximum ceux qui ne sont plus (temporairement) dans une dynamique d’activité. Un engagement hors parti à suivre et qui ringardise un peu les primaires en cours ou annoncées.

Lundi 21 novembre, 23h
A rebours de la nouvelle agitation réseaux socio-médiatiques, je publie ce soir un acrostweet d’hommage sur Alain Juppé, délaissant le désormais favori des sondages, Fillon l’encensé… Les cinq perdants ont dévoilé leur soutien et vote à venir.

Mardi 22 novembre
Les armes s’aiguisent, les coups fondent pour cette mini-campagne du second tour de la Primaire. Fillon, contre l’IVG dans son for catho intérieur, ne remettra pas en cause la loi Veil, mais le hiatus gêne. Sa proximité avec Poutine ne confirme rien de bon.
Trump l’insane annonce ses premières décisions politiques dès la fin janvier 2017 : le détricotage de la politique d’Obama sur bien des points. L’année de tous les dangers, 2017 ? L’année des extrêmes sûrement.

Jeudi 1er décembre
Deux mois après L’avis extrapolitique attendu, mes vœux s’exaucent pleinement. Sans le panache pour l’un, Sarkozy quittant (temporairement ?) la scène politique par la toute petite porte du premier tour d’une primaire ; avec une texture gaullienne pour Hollande qui renonce à briguer un nouveau mandat. Ce soir, le Président apparaît sur un fond presque trop bleu pour être chaleureux avec une seconde non coupée où on le voit se placer devant la caméra : il y avait l’interminable sortie de VGE lourdement mise en scène après son « au revoir » aux Français, il y aura peut-être désormais dans les classiques télévisuels du politiquement décalé la furtive installation de Hollande avant sa sombre déclaration, la voix glacée, parfois laissant deviner l’émotion de celui qui aurait tant voulu que ça finisse autrement. Le moindre mal, pour lui : espérer que cette brusque interruption d’une brillante carrière politique l’ayant mené au sommet pour qu’il y côtoie les abysses sondagières, lui fasse rejoindre la popularité de son affectueux Chirac, le plus prestigieux de ses électeurs de 2012. Le voilà débarrassé de cette pression permanente, ira-ira pas : la gestion des affaires courantes pourra s’effectuer dans une relative sérénité et les primaires de la gauche avoir lieu sans le risque de l’humiliation suprême de ne même pas passer le premier tour dans sa propre famille politique, ce qui aurait rendu quasi impossible son maintien à la tête de l’Etat, une démission étant alors dans l’esprit des institutions voulues par de Gaulle.

Dimanche 4 décembre
Le peuple autrichien n’a finalement pas laissé le candidat d’extrême droite prendre les rênes du pays. L’Union européenne, dont je vais commencer à aborder la construction et les institutions demain avec les prépas concours sécurité publique, a encore un sursis. En Italie, c’est le populiste folklo Beppe Brillo qui pourrait ramasser la mise si le référendum est repoussé. De toutes parts les schémas politiques classiques se lézardent voire s’effondrent.
Pendant ce temps, Ségolène Royal se fait à nouveau remarquer par son relativisme bienveillant sur le système castriste : un « bilan globalement positif » qui doit faire enrager toutes les victimes de l’autocrate décédé. Voir les foules rendant hommage à sa dépouille laisse songeur… un peuple à œillères ?

Mercredi 21 décembre, 22h14
Le Noël version famille élargie (avec nos parents et la famille d’Anna) qui devait avoir lieu à Rambouillet ne se fera pas. Brouille profonde entre Jim et notre père qui a pris ce soir, après les avoir eu chacun au téléphone, l’allure d’un antagonisme irréconciliable. L’objet : la façon dont le grand-père s’occupe de ses petits-enfants sur des points que l’on peut juger anodins mais qui, par les réactions réciproques, ont déclenché l’engueulade avec un paroxysme du père envoyant son fils se faire foutre puis gueulant devant la maison des propos inadéquats. Esclandre qui ancre le conflit sous-jacent depuis des mois. Chacun ses arguments, ses interprétations, un enregistrement de mauvaise qualité de la scène qui limite l’insulte à deux « va te faire foutre » du père au fils… Du bien regrettable tout ça, mais finalement logique par cette fréquence des entrevues et les caractères trempés en scène…

Mercredi 28 décembre, 10h28
Depuis le gîte exigu, en pleine nature, qui nous sert depuis lundi soir de lieu de repos pour maman, BB et moi, alors que le défoulement convivial se fait chez Jim à Rambouillet. Nalya (6 ans) et Domentin (3 ans) sont toujours aussi férus de leur « tonton Lolo ». De bons moments partagés sans être pollués par le thème de l’embrouille père-fils qui a conduit à l’annulation du repas de fête élargi à la famille d’Anna… J’espère qu’il en sera de même à Rueil aujourd’hui où BB et moi allons passer la journée… mon père saura-t-il tenir ses grognes intérieures ? Je lui rappellerais ma demande expresse lorsque je l’ai eu au téléphone sur ce sujet, si la situation l’exige. Le mauvais pli de son caractère, râleur ne souffrant pas d’entrave à sa vision des choses, prend un tour désagréable et je doute de plus en plus que le couple survive aux départs d’Alex et Raph appelés à vivre leur existence d’adulte. Le face à face risque de se tendre quelque peu.
La camarde a déchaîné sa voracité chez les people en cette fin d’année : le chanteur George Michael, bouffi sur les dernières photos en circulation, n’aura pas atteint les soixante ans (même pas les cinquante-cinq, je crois), la comédienne princesse de Star Wars et la délicieuse Claude Gensac, biche cinématographique de Louis de Funès lui ont emboité le pas dans la tombe.
L’année qui se profile ne nous réserve rien de bon pour la marche du monde. A compenser par la douceur intime d’une vie lyonnaise choisie pour une sérénité partagée avec ma BB pour qui 2017 devrait être porteuse de reconstruction organique.
L’année 2017 va nous filer une bonne Trump pour nous faire payer notre indiscipline. Craquera, craquera pas, ce monde ?

Jeudi 29 décembre
Michel Déon décédé : je me rappelle qu’en 2009, à l’occasion du documentaire sur Léautaud, il faisait partie des intervenants, sans doute le plus âgé déjà alors que j’occupais la place de benjamin des interviewés pour évoquer l’aristocrate libertaire. La presse lui rend hommage alors que la télé ne semble pas lui avoir consacré de nécrologie. D’autres décès sont plus payants pour les audiences. Amusant : le rigolard de bas étage Hanouna se fend d’un tweet pour s’émouvoir de la mort de l’académicien. Du grand écart à méditer…

30 décembre

M’en allant promener…

Alors que je m’essaye à des intonations totalement habitées pour interpréter avec fougue l’air éternel, le chemin régional s’élargit d’un coup de baguette administrative. On devrait s’y sentir plus à l’aise… on devrait, mouaip ! Du champ pour le premier fracas de l’année, le départ de celle qui voulait tenir autrement une bouillonnante insécurité : risques augmentés de dysfonctionnement par ce laxisme prétendument humaniste. Avec cet abandon de poste, l’occasion de voir s’agiter tous ces petits personnages au rond de cuir respectif plus ou moins couvrant pour leur fondement.
Au premier virage, le début des emmerdes : ça braille sur l’enrobé, ça capitule sur le bas-côté alors que Dylan et Laurette pétillent en chansons humées. Je m’arrête un instant pour faire l’accolade au bonhomme à la gouaille affective liée au bien rire unificateur. On trinque et hop ! je repars sur cette voie mal éclairée, me tapant bientôt les enragés d’une déraisonnable invention ensorcelant unilatéralement. Son représentant est là aussi, bien embarrassé devant tant d’excitation mortifère. Il confie à qui veut l’écouter : «  Mes adeptes haineux occultent mon expérience tolérante… ». C’est bien là le nœud gordien de l’affaire : un avilissement liberticide lubrifiant aux hurlements outranciers une addictive kalachnikov badigeonnée au religieux. J’accélère le mouvement des jambes pour sauver mon cou du tranchant des armes rouge liquide.
Je fuis vers celui qui me fait un geste amical : lui n’a que des détonations artistiques vêtues incroyablement de brillances où Warhol inspire expressément. Je lui réponds en rythme, sur le même morceau salvateur. Du cœur et de la conviction, il va m’en falloir pour tenir tête au petit hargneux qui jaillit du buisson avec ses thèses prémâchées en bandoulières. Je reconnais le profil et son processus : crédule ou négationniste, son petit intellect, rissolé aux tartignolles inventions, obstrue nuisiblement notre intègre savoir tant explicité mais en vain rabâché. Je ne vais pas m’échiner à le ramener sur le bon chemin. Ma route est encore longue, les embûches et rencontres sans doute encore nombreuses. Atla ! atla !
Tiens, qui est ce monsieur tout sec qui tient, sans pouvoir vraiment le cacher, un gros cahier noir ? Il est temps de lui faire cracher cet hitlérisme enfoui irrigant des essentialités glosées : graves enlacements rédhibitoires pour ce faux sage. Je me détourne, bien déçu de la découverte, et change de focale pour distinguer en contreplongée des empreintes tournées toujours où rayonnent encore suffisamment ces ouvertures libérant ardemment nos aspirations. Baume au cœur du créatif qui permet d’affronter les ennemis de la fréquence intellectuelle : krach intégrationniste et laxiste kermesse raillés alimentent un tremblement d’indignation.
Se reprendre et poursuivre, vaille que vaille, le baluchon en vrac et les godasses qui bâillent… Ecouter ce convaincant orateur humanisant notre – branlante – Europe nonobstant d’inquiétants tiraillements. Noble engagement sur ce sentier de plus en plus décrié. Tenir bon face aux entrepreneurs de démolition. J’attrape la glaise de cet absolu royaume trop hérissé. Un rêve rimé insolemment me brise : abyme ultrasensible dépeint est à deux pieds de m’ensevelir. Je songe alors à ces barbants rosbifs exigeant Xième infecte transaction pour rester solidaires. Ils veulent quitter le tracé commun. Soit, mais ce sera sans retour possible. Essayer de ne pas mourir à nouveau du triptyque apocalyptique : viscéral enfer, rage déchiquetée, ultime noirceur, c’est tout ce que souhaitent les Européens de bonne volonté. Pour cela, un modèle : bibliothèque enchantée reliant tout ouvrage, exaltant chaque opportunité. Lire sous ce chêne aux bruissements apaisants : voilà la pause régénérante qu’il me faut avant d’aller dire ses vingt-sept vérités à ce dangereux Anglais venant infliger des coups au moteur européen : référendum obscène napalmisera le suant mal arrimé.
De l’autre côté du pont sans Manche, je dois subir les blagues de troufion du sinistre amuseur : ce yéti rigolard infecte la hutte audiovisuelle, nasse où un naze abêtit la masse hypnotisée par de péteuses existences obsédées par l’exhibition. Je peux enfin m’extraire grâce à une saoulerie affective intriquant nos trajectoires accidentées, mais oxygénant une ruralité.
Le vagabondage s’étoffe de visions improbables, telle celle près des fourrés : pénétration religieuse et tentations refoulées entretenues. Allez ! pour compléter la fresque, amène ta pitoyable hypocrisie intégrant les immondes prêtres pédocriminels ; ennuyeux barouf aux révélations bigrement accusatoires : réputation indubitablement niquée. Bouchez l’encens ! Du spirituel à l’économie, les perditions se répondent. Ainsi, pour Areva : notre nullité entrepreneuriale laisse agonisante une vaillante entreprise ruinée grièvement en opérations nucléaires. Agitez le goupillon…
J’avance pour la forme, déjà nauséeux, mais le pire m’attend avec cette fosse à purin en extension : au fond gigote l’immonde. Ce salopard aux lâches attentats heureusement arrêté, bien difficilement extradé, sentira les assises méthodiques de l’hexagone. Lui et d’autres, pas plus ragoûtants, viennent d’une matrice opérationnelle livrant en nombre barbares enragés et kamikazes prêts à se faire exploser. Je passe la nuit un peu plus loin, pour me chuchoter quelques songes.
Au matin, le signe d’une journée ensoleillée avec nos plats intensément enchanteurs : rire résolument en cuisinant ou foudroyer force enfumeurs tel ce théoricien aux ramifications intégristes qui radote, avec moult archaïsmes, des aberrations nauséabondes. Je le laisse, après l’avoir entarté, à sa pseudo docte conférence. Après le trou d’hier, je tombe nez à tas avec un monceau de pourritures argentées niant avoir magouillé : affairisme politique avec prévaricateurs en ribambelle salaude. Comment sortir de cet avilissement généralisé ? Certainement pas avec ce que propose le rassemblement improvisé dans les sous-bois. J’écoute leurs discours, j’observe leurs attitudes. Déception : la nébuleuse utopie, incertainement travaillée, déguisée en bond offensif : un théâtralisme impossible à mettre en œuvre. Tout près de cette bavarde réunion, un déjanté des villes se défoule : le caractériel arriéré saccageant son environnement urbain rageusement me laisse perplexe. Quel message à déceler ? Je devrais lui conseiller les incontinents nuages occupant nos divers aménagements terrestres immergés ou nettement saccagés : de l’humain à la nature, une vraie convergence dévastatrice.
Pour prendre le large et viser la prochaine clairière, rien ne vaut la musique du lutin génial : pop rock, intuitivement noués, copulent enfin. Cet univers de notes tranchent avec le hérissement épique orchestré : honnir les assourdissants geignards aux uppercuts contre Hollande enlisé. Ça renifle le regroupement factice en cours de liquéfaction. Je m’amuse de leur parade faussée, mais regrette la laxative opposition interdisant toute réforme ambitieuse : vase aux insignifiances législatives contre lesquelles s’insurgent pourtant les frileux manifestants qui piétinent. Dans un recoin ombragé se démènent deux négociateurs pour trouver une issue à leur projet dont l’annexe, en forme de devise, n’est possible que pour l’une des parties au contrat : truander autrui favorise tes affaires précise l’addendum. Quel progressiste programme !
La marche au cœur réformateur oxygène nettement et, comme chaque fois depuis le début du cheminement, la purge sera mélodique. En l’espèce, une bien plus belle affaire harponne une boule en rimes : ta musique orbite, unissant nos inventives envolées rythmées. Bonheur transcendant que je peux associer aux images projetées sur une toile tendue qui parviennent à nous surprendre toujours en visant extraordinairement nos significatives peurs immergées et les balades extraterrestres rêvées génialement. Chapeau, les artistes…
Tout éprouvant que soient certains passages du chemin choisi, cela à l’avantage de ne pas sombrer dans l’artifice suprême d’un autre lieu visité naguère et pour lequel un bilan sévère s’impose : frime et stras transpirent ici, vérolant ainsi les déambulations empruntées. Croisette aux narcisses nantis et superficiels symbolise l’endroit.
Je cumule les kilomètres et les sombres personnages s’ajoutent. Ainsi, je ne peux adhérer à la conception du pouvoir de ce moustachu impassible qui, en religieux dirigiste opprime gravement : assombrissement national qui perdure suite à ses choix impardonnables. Derrière lui, des plaintes sourdes émergent du sol fraichement retourné…
En face, sur la berge démocratique, l’antre social se porte bien. Les emmerdeurs s’y nichent, déclarant inacceptable chaque avancée : tas contestataire gueulant toujours et encore. Ça lasse… d’autant que parmi eux, le meneur, petit hargneux incitant les interminables protestations pour exister, moustachu arriviste rejetant tout initiative novatrice : extrémiste zinzin, pour résumer le furieux. On est là très loin de la jaillissante communication déroulée en couleur aux urbanismes xérographiques. On est tout juste dans le meuglement ressassé…
Après un temps de marche apaisante, une descente me fait passer à côté de quelque chose sans y prêter attention. Quelques mètres après, je m’arrête, pris d’un doute, me tourne vers cette forme et comprends à quoi j’ai affaire : un gars immobile, entièrement nu, peint en vert fougère, tente de se faire oublier. C’est bien lui, le député écUlogique nous infligeant sa bistouquette avec un prélude imposé négativement. Une sorte de DSKéquette inassumé. Je lui souhaite de ne pas croiser celui qui s’est forgé la réputation de mettre out : harangues athlétiques massivement engagées, dénonçant aussi les injustices et qui pulvériseraient le vert nabot.
Pas de quiétude pour aujourd’hui. Le son massif d’une foule bien identifiée me parvient, manifestation d’un engouement un rien outré : dopage encouragé, fric obscène où taper baballe attise la liesse, voilà ce qui perturbe mon parcours. Fréquemment dans leurs rangs, des hordes opérant ostensiblement : leurs instincts guerroyant avilit notre société. De toutes parts, de quoi se dégouter du monde. Ces déchaînements ludico-nationalistes rendent impuissante la juste orientation combattant odieuse xénophobie et qui expire, poignardée au cœur de l’Europe. Cela ne semble pas perturber la course qui se prépare deux mètres devant moi. Huit concurrents derrière la corde vont chacun verser dans la pesante rivalité individualiste menant aux indigestes racolages électoraux. Sans maître à aduler, l’épreuve devrait les départager.
D’un coup, les étoiles en rond tremblent et une portion conséquente au nord-ouest se détache et me flanque une gerbe référendaire au nocif divorce européen. Brutal rejet en travestissant assez grossièrement notre ensemble, c’est ce qui me vient à l’esprit lorsque je croise l’échevelé responsable de la rupture et dont l’incohérence politique révulse. Pour synthétiser l’énergumène et ses choix : brexit ourdi, renoncement imprévisible, son jeu opportuniste heurte. Non-sens où naufrager, mais lui s’en tire avec une pirouette. Son compère, nationaliste insulaire, grouine, excitant les fielleux au royaume angoisseux, guère européen. Duo infâme ! Je les regarde rejoindre le néant. Un visage qui m’est familier fait de même, le regard acéré d’une méthodique intelligence croyant hautement en la rectitude opérationnelle. Cette aspiration rayonnera durablement, espérons-le. Cela compensera un peu le délitement intellectuel des déserteurs de l’Europe.
Après une nuit agitée, un réveil cauchemardesque : j’apprends les crimes de l’abject terroriste tuant en nombre tellement atrocement. Témoignons aujourd’hui notre immense compassion endeuillée. Les heures lourdes s’écoulent et les détails du crime m’effondrent : lente avancée pour repérer où massacrer effroyablement ; nette accélération devant écraser, démembrer, ensanglanter sans arrêt. Nos glaçants linceuls accumulés infernalement sidèrent et la promenade devient caveau ouvert.
A quelques centaines de lieues de là, douze jours plus tard, la marche chancelante, je m’arrête devant un corps de blanc vêtu. Je demande aux badauds ce qu’avait bien pu faire ce père pour une telle sentence : juste arborer cette quiétude unificatrice et succomber héroïquement au monstrueux égorgement. « Luttons contre ces barbares ! » je hurle, submergé par une vague de représailles nucléaires pour en finir avec le dépotoir aux extrémistes criminellement haineux. Je suis alors pris d’un délire rageur, et lorsque le chemin se met à longer une plage, je fulmine en voyant s’exhiber en habits mouillés des bécasses utilement repérables. Kilos informes nous incommodant par leur dissimulation : seraient-ils offensés par notre regard ? Tout se brouille en moi, mais je me dégage des sables mouvants pour rejoindre notre bonne vieille terre ferme.
Le soir, près d’un feu de bois aux craquements reconstructeurs me vient cette réflexion : sans croyance handicapante, on peut entrevoir notre humanité aux urgences en représentation. C’est bien ce qui doit m’animer, en sage agnostique que je m’efforce d’être. A trop rester dans le brouhaha de l’insane actualité, j’en oublie les élans salutaires : modifier irrésistiblement ces habitudes en littérature, bariolant un trop ordinaire rêve. Voilà qui élève l’âme, mais brièvement.
Le lever se fait dans l’angoisse d’un paysage à la botte bouleversée. L’apocalyptique magnitude, aux tremblements ravageurs, italianise cet effroi. Il faut pourtant reprendre le trajet avec les indignes qui l’assombrissent. Ainsi cette entreprise qui, avec un lait acheté chichement, traite abjectement les interlocuteurs souffreteux. De même cette société qui doit subir la sanction politico-médiatique : abandonner lestement son territoire ostracise mécaniquement, et ce jusqu’à l’absurde. Une compagnie s’invite au bal des structures avec parures affriolantes : la mortifère organisation nie souiller abjectement nos terres optimisées. Du grand art de communication. Enfin, pour finir la tablée, signalons cette firme aux lourdes affaires fricotant avec rançonneur groupe ennemi qui se prétend Etat.
Je prends alors la bifurcation qui se présente mais d’autres scènes s’imposent, tout aussi désespérantes. Je découvre, stupéfait, le choix d’un personnage ayant occupé la première place de la commission européenne et qui ose une bancaire abjection ralliée, reniant outrageusement ses obligations morales. Il intègre, sans sourciller, l’établissement qui génère opportunément la délinquance mercantile, aux notables salauderies, avec captations hermétiquement suspectes. Je voudrais me distraire de cet univers puant. Je cède alors à une pécuniaire opération kidnappant évidemment mes occupations nigaudes : gesticulations obéissantes auxquelles je mets très rapidement un terme par l’écoute de celle qui sait s’élever contre la miséreuse ère : radieux engagement transformant en résolution efficace ses aspirations. Un parcours exemplaire que le sien.
Via cette transcendance, le chemin me révèle une temporalité intuitivement merveilleuse balisant un royaume ténu où nicher. Je m’assoie et assiste à l’envol vertigineux avec grâce : rôles enchantés en noblesse jusqu’à enhardir la limpide attraction pour une révélation nimbée en lumineuses lévitations. Une pure poésie que ces projections insatiables en rêves rayonnants, en tournages cinématographiques humainement expertisés rendant nos interviews affectueuses. Je dois prolonger de si rares moments, mais très vite le satané réel reprend ses droits.
Le hasard de la balade me fait tomber sur une scène révélatrice de l’époque et du penchant malsains des téléspectateurs et auditeurs. Juxtaposer un nettoyage gendarmé lourdement et des effervescences certainement audiovisuelles les abreuve : infecte sensationnalisme qui se systématise. Il reste pourtant du journalisme d’investigation de qualité consistant à épingler les impunités suspectes en livrant un combat efficacement télévisuel tout à l’honneur d’un service public par contraste avec une chaîne privée d’information et ses insolubles tensions érigeant les éreintements en gestion inhumaine.
Près d’une mare, un pavé va précipiter la chute du Président trop bavard : Ubu ne peut rendre élégantes ses incontinentes déclarations. En ne taisant nul épanchement, des énormités vachardes ridiculisent avec insistance ton pouvoir assurément sans dents : inexcusables rots élyséens, calamiteux aboutissement à l’horizon. Cette avalanche de prosaïques révélations incite à sortir du chemin et à s’enfoncer au hasard d’un lyrique effleurement ombrageant nos arts rêveusement dans ces orages hantés et nourriciers qui me conduisent vers une héroïque extraction nommée déradicalisation autoréalisée : avancer, yeux alertes, réveil incisif. Une belle âme croisée au détour du passage buissonnier. Au hasard des rencontres à l’écart des balises, j’étoffe mon affolante rubrique : coccinelle en luron glacial opine, traçant l’irrésistible bande si vivement dessinée. Là, au moins, la folie s’assume comme un contre univers n’ayant pas la dangereuse prétention de remplacer les complets gris au pouvoir, au contraire des cinq bidonnantes étoiles pour pitre europhobe : grave rage inconséquente légitimant les outrances et ouvrant la voie à l’esbroufe politique parée du verni de la dérision. Certes, nous sommes encore loin de l’apocalypse létale en pire, mais le détricotage de l’UE n’augure rien de constructif.
A une encablure de là, comme une incongruité juridique qui voudrait voir des feuilles en hiver, la Cour de justice de la République se lâche : culpabilité hémiplégique rendue incompréhensible, sanction totalement indolore, négligence effaçant les abus générés avec ribambelle d’euros. Depuis la chiraquienne promulgation sans application, on n’avait pas eu une telle loufoquerie d’un droit de plus en plus de travers.
Pour nous rappeler la persistance d’une ligne barbare, l’attentat de Berlin saigne à nouveau le continent. Face aux criminels terroristes, l’irréductible combat humaniste bâtit irrésistiblement notre Europe, illumine notre bien essentiel : résistante liberté ici négociable en rien. Se souder dans l’adversité, voilà ce qui doit justifier la poursuite de notre construction politique.
La fin de la promenade révèle diverses disparitions, hécatombe chez les artistes. Parmi elles mon intimiste cinéma hésite entre lascivité et mystère : oser regarder Gabin avant nirvana demeure une scène mythique. Un signe que grandir en Older régénère : généreuse expression musicale imprégnant cette hardiesse assumée et libertine, tout comme perdurera l’œuvre d’un monarchiste indécrottable, ce hussard  expérimente les destinations éloignées, oasis narrées en délicatesse.
Au bout du chemin, qui sera naturellement prolongé pour 2017, je perçois deux silhouettes qui se tiennent la main. D’un côté, une devanture oxydée noircissant avec lourdeur des temps régressifs : une malfaisance politique. De l’autre une virilité liberticide assoiffée d’influences mondiales ; intérêts russes préservés obstinément ; unilatéralisme testant intelligemment nos errements.

Pas bien rassurant, le couple : doit-on vraiment leur souhaiter une belle année ?