L'An 2013

4 janvier



La tirade du blé




Minabl' ? C’est un peu court, l’Ayrault !
On pouvait dire… oh ! Dieu !... bien d’autres mots plus beaux…
En variant le ton, - par exemple, tenez :
Agressif : « moi, monsieur, si j'avais un tel blé,
Il faudrait bien évidemment que je restasse ! »
Amical : « il doit déborder de vot’ besace :
Pour le transporter, prenez donc un plus grand sac ! »
Descriptif : « c'est un choc ! ... c'est pas chic... il s’échappe !
Que dis-je, il s’échapp' ? Il fuit pour sa fortune ! 
Curieux : « pourquoi cet exil avec tout' ses tunes ?
Sale histoir', monsieur, ou just' déprime à gogo ? »
Gracieux : « chérissez-vous ainsi tous vos euros,
Que très vénalement vous vous précipitâtes
Pour les protéger chez Poutin' via les Carpates ? »
Truculent : « Depardieu, quand vous vous biturez,
Le liquid' deviendrait-il un flot de billets
Remontant en gerb' tell' des liasses adorées ? »
Prévenant : « méfiez-vous du Fisc prêt à piller
Cent fois vos compt's garnis par vos mille et un rôle!"
Tendre : « menez la monnaie avant qu’on la frôle
Au-delà de l’Oural pour des bours' qui se pâment ! »
Pédant : « le vaurien seul, que Torreton pas fan
Désign' comme jepens'quàmoietvousprendsàlos
Put fair' croir' que la Franc' le voulait dans la fosse ! »
Cavalier : « le grisbi, tu le croqu' sans vergogne
Et mords sans retenue tous les jaloux qui grognent ! »
Emphatiqu' : « aucun coffr', tout fort qu’il se signale,
Ne peut supporter tous les ronds que tu étales ! »
Dramatique : «les montagnes russ' pour qu’il geigne !»
Admiratif : « pour un lutteur, que de bell' beignes ! »
Lyriqu' : « est-ce une mann', jouvence de pognon ? »
Naïf : « tous ces biffetons, quand les bouffe-t-on ? »
Respectueux : « daignez, monsieur, qu'on évalue
Vos biens, vos maux, afin d’enfin vous mettre à nu ! »
Campagnard : « hé, tudieu ! C'est-y un dieu ? Nanain !
C'est queuqu'Depardieu givré qui fait le vilain ! »
Militair' : « tous en rang Depardieu, eh pardi ! »
Pratique : « voulez-vous en fair' don au pays,
Toucher au grisbi et mettre la main au pot ? »
Enfin, détournant pour rir' l’empathiqu' Bardot :
« Le voilà, ce pays qui assassin' ses maîtres,
Siphonne leurs acquis et pollue leur retraite ! »
— Voilà ce qu'un digne Premier aurait sorti
S’il n’avait pas le charisme d’un pauvre pis :
Mais d'éloquenc', le Ayrault du « minable » sec,
N’en reçut qu’un quignon rassis et sans affect.
L’un suit Holland', l’autre embrasse Poutine à chaud. 
Le premier voudrait le second à l’échafaud
Médiatiqu', piteux héraut de la République ;
Le colosse au cœur d’argil' refus' la vindicte,
Et se fourvoie dans les bras du faux démocrate,
Face à face impitoyabl' pour pays qui craque,
A renvoyer dos à dos, pour passer nos nerfs,
Et affronter le vrai visag' de nos galères.

Samedi 26 janvier

Ma Maman Une

Toute jeune elle m’a porté, sans hésiter,
Et c’est à Tours que je suis né, à ses côtés,
A trois heures il ne fait pas jour, mais dans ses bras,
J’ai su qu’elle serait là toujours, comme cette fois.

Maman, que tu sois blonde ou brune, choix d’un moment,
Tu gardes la même attitude, pour tes enfants :
Affective tout en retenue, tu soutiendras
Nos choix même les plus saugrenus : maman est là.

Assumant les vagu’s d’infortune, les mauvais pas,
Tu as préservé tes fils d’une vie sans éclat,
Tout à son art chacun s’entête, comme un serment,
A braver les vils, les infects, les malfaisants.

Je sais désormais que ma plume peut, sans fracas,
Tendr’ à cet hommage sans brume, je te le dois ;
Ton pinceau a tracé en fête, élégamment,
Les contrées, les lieux et les êtres que tu aim’s tant.


Je vois ces moulins qui exhument nos airs passés,
Et cette chaleur que je hume bien protégé
Par ces parasols hissés haut, le vent marin

Siffle sur nos cim’s et coteaux sans mur d’airain.

Et ces silhouettes qui assument leur face cachée
Comme autant d’occitanes plumes, elles sont nichées
Au creux de toil’s si peu nocturnes et riches d’émois

Qui soignent nos traits taciturnes : quelle belle voie !

Je suis ce chemin qui s’allume, si coloré,
Pour une balade sans lune, bien éclairé
Par la nature aux mille atours : un tel entrain
Vers la carte postale : jour d’août en train.

Et nous voilà ici pour une Maman aimée,
Ce coin de Fontès qui résume tant de beauté :
De vieilles pierres pour garder vifs les temps anciens,
De vertes peintures, sans récif, pour tous les siens.



Samedi 2 février, 9h30

A Fontès, chez maman, pour lui fêter un peu en avance ses 65 printemps. A cette occasion, enfin ! je lui ai rédigé quelques alexandrins à interpréter sur la musique de La Dame brune du doux Moustaki. Jim a pu m’envoyer son interprétation à la guitare ce qui rendra le moment de mon chant encore plus touchant.

Hier soir, nous étions au caveau de La Yole pour une exposition peinture-sculpture avec, notamment la participation de maman et de l’oncle Paul. Peu de monde du fait d’un vernissage concurrent bien plus important ce même soir.

Petite anecdote croustillante avec l’oncle : je découvre le liste affichée des titres de ses œuvres et m’interroge sur le sens de l’un d’eux : « parturante ». Je le questionne, de loin, alors qu’il converse avec les jeunes tenancières du caveau. S’étonnant de mon ignorance, il se retourne vers elles, malicieux, et n’ayant pas de réponse de leur part, il nous révèle sa définition : femme enceinte… Mon esprit se nourrit de l’information culturelle, mais mon cerveau rechigne et fait revenir à ma conscience un autre mot : « il me semble bien qu’il y a un autre terme, assez proche, qui désigne cela, par…tu…riente, oui parturiente ! » lui fais-je remarquer en substance. Début de confusion du cher Jean. La plus jeune cherche mon vocable sur son smartphone et confirme son sens, mais fait chou blanc sur celui de l’oncle. Il doit se rendre à l’évidence, sous couvert de la maladroite coquille : il s’est planté dans l’orthographe du mot et cela a été imprimé sur tous les documents officiels de l’exposition.

Petite victoire personnelle dans l’affection : lui qui me reprochait mon goût trop systématique pour les mots compliqués, rares, désuets, inusités, le voilà sanctionné par l’un d’eux trop superficiellement assimilé.

Samedi 23 février

La vie s’écoule, sans aspérité, entretenant un contraste entre les fracas du monde via les médias et la quiétude personnelle.

Mon passage à Paris du 15 au 17 février pour le Salon de l’Etudiant avec mon employeur m’a permis de revoir Sonia (qui m’a accueilli chez elle pour les deux premières nuits) et Shue, en séjour également. La première a repris quinze kilos et se donne à fond pour son travail d’avocate, ne parvenant toujours pas à retenir un homme pour une vie partagée avec maternité désirée. La seconde semble imperméable au temps qui passe, les jalons de son existence étant plutôt marqués par des coupes de cheveux variées. Son mari semblait un peu bougon, la tignasse grise plus longue et le ventre plus proéminent. Malgré leur gentillesse, je n’ai pas senti cette complicité d’avant. Sans doute l’éloignement émousse-t-il l’intérêt réciproque.

Variantes sur un sujet d’actualité :

Iacub chez Le Nouvel Obs…édé, pour une décontraction des sphincters littéraires. Son prochain projet serait-il de se faire passer pour une coprophile amoureuse auprès de ce qui compte en politique et, d’ici un an, de livrer le bottin des politiques qui ont bandé en déféquant sur sa tronche ?

Faire croire à sa démarche artistique alors que l’opportunisme est son unique obsession : aller jusqu’à défendre le queutard déchu pour mieux l’approcher et vivre ce qu’elle livrera en pâture au voyeurisme sophistiqué, celui qui s’abrite derrière l’intérêt « politique » de l’information, comble de mauvaise foi.

Le subprime de la littérature : un produit pourri fondé sur la tromperie intellectuelle de la victime. Iacub a donné son cul au porc pour mieux le livrer à la vindicte publique. Ce doit être cela « donner de sa personne » pour faire ses investigations. On aurait pu croire à une démarche purement littéraire s’il n’y avait pas eu la couverture du vieil Obs…édé.

Dans les années 90, au détour d’une boite quelconque, cette liane aux accents de morue.
Pas besoin de humer les lâchers de ses sphincters littéraires pour reconnaître la divine morue.
Cinq ans de plus que moi, elle est à l'EHESS, moi dans l’édition. Je découvrais son intérieur douteux : une moule défraîchie, des couches de crème séchée, une hygiène aléatoire. Mais la liane avait du fumet : le groin perdu entre ses cuisses, je me figurais plonger dans les abysses…

La bouille est fraîche, la ligne vive, le regard imparable, le sourire carnassier, la brunette enjôleuse : une femme qui cachait le pire des poisons en elle. Une morue captatrice qui, sous couvert de libération sexuelle, trompait son monde. Elle ne voulait pas faire progresser les libertés, mais simplement servir son petit commerce parallèle : le subprime littéraire. De la production pourrie bien dissimulée sous une passion libertaire.


Pour elle, la priorité est d’attiser la confiance du bougre en lui singeant l’apparente séduction puis, au moment opportun, de révéler la mystification sous couvert d’une démarche artistique. L’infection est totale : saluons le talent magistral dans l’abus de l’autre qu’on défend pour mieux servir sa stratégie phagocytaire.

Lorsqu’une morue bouffe du porc, la bioéthique en prend un sale coup derrière l’oreille de lapin.



Il était une fois une morue qui bouffait du porc. Elle s’en était goinfrée sans retenue, allant jusqu’à défendre les salauderies du bougre obsédé. Une stratégie d’abordage pour doper sa carrière littéraire. Se faire fourrer par la bête au groin insatiable pour engranger un maximum de détails qu’elle couvrira de l’hypocrite fiction prétendue. Du subprime artistique pondu par de douteux sphincters littéraires, voilà l’œuvre de l’allumée.

Qu’elle se méfie de ses futurs amants qui n’auront qu’une idée en tête : venger le cochon déchu. Se farcir du Iacub au carré pour mieux la faire chuter. Plus jamais un lien sincère… toujours la suspicion d’un sale coup à venir. Peut-être ferait-elle mieux d’entrer dans les ordres que de subir les arnaques sexuelles.

Petit conseil à Marcella : méfiez-vous de toutes vos histoires à venir. Chacun voudra se faire la Iacub et prouver à la gente masculine qu’il a pu la tromper, la manipuler voire la trahir. La jubilation d’abuser celle qui a mystifié le cochon DSK deviendra un défi universel.

Quand le porc se mit à bouffer de la morue. Encore une belle tromperie sur la marchandise.

La Belle et la Bête du XXIème siècle a bien triste mine : un objet pseudo littéraire expectoré par d’aiguisés sphincters nullement artistiques. La Iacub séduit le cochon pour mieux le saigner : faire croire aux monts et merveilles du sexe, défendre sa cause dans quelques papiers libérés, et l’obsédé ne se retiendra plus. Une matière fumante pour son subprime littéraire.

Restait à trouver le vecteur pour infecter l’effervescent village planétaire : Le Nouvel Obs…édé fera l’affaire. Laurent Joffrin a mis sa couverture au service d’un racolage bien orchestré.

Dimanche 24 février

Quand la morue bouffait du porc…

Pas besoin de plonger dans ses pages pour apprécier la magistrale salauderie de l’amante démoniaque, mante vorace et sans scrupule. Elle invente un nouvel objet artistique, en phase avec l’époque : le produit littéraire pourri, un subprime éditorial.

Mettre tout en œuvre pour approcher un personnage public en perdition, haï par les trois quarts de la planète. Pour conforter son lien avec lui, faire paraître quelques articles de soutien libertaire, iconoclaste, sans faire état de sa situation vis-à-vis du défendu. Première tromperie sur la marchandise d’une redoutable efficacité : côté public, on souligne la hardiesse non conformiste de ses écrits ; côté DSK, l’élan intime se renforce. Par ce double jeu, la spécialiste en bioéthique a pu nourrir son projet dissimulé : saigner le porc au moment opportun par un compte rendu clinique de leur relation.

Seconde trahison : un viol de la sphère sexuelle. En l’espèce, aucune agression du bougre, aucun abus, juste l’effusion des sens apparemment partagée. En réalité : une stratégie captatrice pour servir sa carrière. Bien mieux que la prostitution qu’elle défend. Là, elle s’adonne à une sexualité nihiliste : s’immiscer dans l’intimité de l’autre, et pas n’importe quel autre, avec pour unique visée d’étaler le tout sous couvert d’une hypocrite étiquette d’autofiction. Abjection sans fard.

Restait à trouver le vecteur pour sa petite entreprise d’abus de confiance : Le Nouvel Obs…édé fera l’affaire. Joffrin s’est surpassé : prendre prétexte d’une qualité littéraire hors norme pour appuyer sa couverture politico-racoleuse. L’auteur peut se targuer de ne pas citer le nom du cochon dans son ouvrage et l’hebdomadaire peut afficher la photo du coupable comme au bon temps de sa chute abyssale.

La décontraction de son sphincter littéraire est parvenue à infecter notre village hexagonal. Iacub devra se méfier de ses relations en cours ou à venir. Initiant cette glasnost sexuelle, elle pourrait tenter quelques séducteurs opportunistes voire quelque revanchard sadique. Plus de répit pour la morue qui a voulu se farcir un porc aux petits oignons. La gratinée pourrait bientôt sentir le roussi.

Dimanche 7 avril

En France, la période est à regarder son nombril dépérir. Avec les aveux de Cahuzac, la présidence Hollande découvre l’anormalité… à moins que le cas Cahuzac révèle des monceaux merdeux. L’amuseur sympa devrait alors se transmuer en gestionnaire de l’implosion du système politique et de ses institutions.

La démocratie perd son attrait lorsque l’urgence est de travailler pour vivre et que la pression fiscale siphonne les quelques rentrées.

Pour le reste, tout végète sans désespérer.

Lundi 8 avril

Deux messages, l’un de mon père, l’autre de Sally, découverts vers 15h30, me demandent de les rappeler au plus vite. Je devine d'emblée la nouvelle qu’ils vont m’annoncer : connexion à Wikipédia qui confirme mon intuition. Micberth est mort, la date m’étonne un peu, depuis le 19 mars.

Incinération du corps, cendres dispersées sous le Christ peint sis dans le parc du château d'Au. Plus incongru, lorsqu'on connaît son parcours et ses idées : une cérémonie religieuse a eu lieu le 6 avril, réunissant une poignée de "mécréants" : aucun de ses enfants, hormis Karl, la compagne Vanessa, Monique la dernière des maîtresses at home, Sally, le neveu Henri et l’ami fiscqueux.

La page se tourne ainsi sur ce personnage ambivalent et une partie d’existence sombre dans le lointain souvenir. Terminée la féérie ressentie enfant dans ces châteaux occupés qui abritaient les plus scabreuses pratiques de l’occupant premier. Évacué le discours manipulatoire qui servait une intégrité d’affichage. 

L'histoire de Micberth, si elle intéresse un jour, devra se faire selon une totalité de vie et pas simplement avec les dorures de façade, l’exemplarité de surface, la vertu combattante clamée. L'homme a d'abord, et avant tout, servi ses intérêts et ses appétits, quitte à rabaisser, humilier, broyer...

Ma légitimité à dire tient à l'engagement forcené qui a été le mien à ses côtés à l'époque immature où je croyais à son discours et aux idéaux supposés. Heïm le maudit est prêt : un clic et la toile accueillera ce témoignage brut. Le temps des occultations a vécu, l'exigence de sincérité s'impose.

Jeudi 11 avril

Publication lundi du petit texte « Micberth est mort, que vive Heïm le maudit ! » Ann Kastries, laisse un commentaire cinglant, se réjouissant de la mort de ce « violeur d’enfants ».

Je découvre également le commentaire d’Alice, l’une des plus traumatisées par le défunt, dont la tonalité laisse perplexe : presque du regret exprimé de n’avoir pu assister aux obsèques par la faute de l’entourage de son père et des « frères et sœurs » qui ne l’ont pas prévenue. Elle termine ces lignes incongrues (au regard de toute l’abjection exprimée depuis son départ du château) par un hommage à la sagacité du père qui aurait anticipé la médiocrité de l’entourage pour la gestion de sa mort.

Je n’arrive pas à m’expliquer rationnellement cette volte-face.

Ce matin, message de la veuve Vanessa sur mon portable pro : elle me somme d’enlever le commentaire de Kastries jugé diffamatoire. L’inconscience obscène a le cuir dur : cette épouse-autruche persistera à nier les salauderies de son feu mari alors qu’au fond elle sait tout. Sur la demande de Kastries, j’ai supprimé les quelques lignes incendiaires, mais j’ai moi-même prévenu les soutiens de l’abuseur de ma démarche : je n’ai pas attendu le décès de Micberth pour dénoncer, dans des textes publiés en 2008 et surtout en 2009, les méfaits de celui qui scandait son intégrité.

Je choisirai le moment opportun pour rendre visible sur la toile les pages clandestines de mon Journal à taire qui détaillent les crasses de l’opportuniste. Cela aura une autre dimension que les quelques lignes qui les ont heurtés. Et s’il faut aller devant les tribunaux, et bien ce sera l’occasion du grand déballage.

Je ne pense pas que Karl reprenne contact. L’univers post Heïm va tenter de faire vivre et fructifier l’acquis, avant l’inéluctable écroulement.


Samedi 13 avril



Enfin une pleine lampée de rayons pour décider la belle saison à dégager la grisaille engourdissante. Une saveur particulière à me savoir en quiétude alors que Heïm est poussière.


Avant toute publication webienne de Heïm le maudit, je vais sans doute consacrer mon été à restituer ces passages dans le Journal à taire. De la clandestinité à la toile publique, mais par étapes pour que, s’il venait aux proches du sinistre défunt l’idée de vouloir faire interdire l’adresse du site, la totalité du réquisitoire demeure là où il est né, par petites touches dans mon Journal.

Mercredi 24 avril

Micberth ? Toujours mort ! Plus de manifestation de sa veuve qui a senti son chéri de poussière diffamé par mon titre à la connotation cinématographique. Le maître de la manipulation ne pouvait se douter que le pseudonyme choisi pour le désigner dans mon Journal – Heïm – renvoyait au meurtrier d’enfants de Fritz Lang et à son ambivalence pathologique. Il a fallu le récent coup de pouce de mon titre pour éclairer ses proches : Heïm comme Micberth et comme le maudit de 1932.

L’étude du neveu Henri a dû demander à ses pairs lyonnais de trouver mon adresse. L’objectif : me signifier le constat de diffamation. La veuve et la vieille maîtresse pousseront-elles le ridicule jusqu’à l’audience judiciaire ? Il faudrait alors avancer la date du grand déballage…

Depuis que j’ai envoyé une invitation pour accéder au blog clandestin à Alice, je n’ai pas eu de retour. Peut-être quelques passages écrits suite à nos dissensions ont refroidi la reprise de contact. Je l’ai pourtant mise en garde : je lui laissais l’accès au tout brut sans prendre le temps d’une lecture corrective. « J’aurai la distance nécessaire » me rassura-t-elle…

Pour revenir à la veuve hargneuse et à la vieille maîtresse, les mois à venir révéleront si la connerie en dévotion a le jusqu’au boutisme plus turgide que l’intelligence malfaisante.

A mon « Tribune libre pour Micberth en liberté », l’accusé s’est limité à deux coups de fil. Pas de plus grande sévérité dans le « Micberth est mort, que vive Heïm le maudit » même s’il annonce le coup de massue littéraire… Oseront-elles porter le différend sur la place judiciaire ?

Aux marris d’un autre âge

Je ne suis ni homosexuel, ni marié. L’encombrement du débat public pourrait se prolonger malgré l’adoption parlementaire du mariage pour tous et ce jusqu’à singer la révolution avortée de leurs parents qui, il y a plus de quarante ans, conchiaient cette institution, comble pour eux du conformisme poussiéreux.

Les voilà tout contents d’aller s’encanailler sur le trottoir pour défendre leur intégrisme maritalo-familial. La Frigide Barjot comme emblème disgracieux complète la sinistre parade qui se voudrait joyeuse et colorée. Pour mieux affirmer la légitimité prétendue de leurs discours, cette tripotée d’adultes commet une prise massive d’otages : les enfants forcés à défiler avec leurs géniteurs. Les quelques marmots interviewés laissent échapper des approximations pour les moins éclairés et des vérités dissonantes pour les plus effrontés (« Je ne sais pas pourquoi je suis là… ») qui déshonorent ceux qui les ont contraints à ce panurgisme.

Argument majeur des manifestants : la loi Taubira irait à l’encontre de l’intérêt des bambins. Veulent-ils également pénaliser les familles monoparentales et diligenter des milices pour débusquer la présence infâme d’enfants chez les couples homosexuels ? Quand verra-t-on les mêmes défiler avec autant de détermination pour dénoncer le calvaire enduré par des petits de couples hétéros mariés selon les préceptes civilo-religieux ?

Ce mouvement révèle le repliement à œillères d’une part grandissante des membres de cette France au vivre-ensemble moribond et au chômage de l’éthique. Peut-être iront-ils jusqu’à troubler les premiers mariages homosexuels, contraignant ces cérémonies à se faire sous protection policière. La Justice pourra alors enfin en coller quelques-uns au trou pour réunion nauséabonde contre une union légale.

Jeudi 25 avril



Finalement Alice se manifeste par un commentaire ironique sous le texte objet de l’ire de la veuve hargneuse : elle se fera un devoir de m’apporter des oranges si les pro Heïm parviennent à me faire jeter au trou pour mon blog-réquisitoire. Quitte à être un auteur maudit, autant l’être jusqu’au bout, probable allusion à ce qui a été le déclencheur de ma défiance, la non-publication de ce Journal, en dépit des engagements, et les manipulations afférentes.


Toujours la pique contre ma supposée prétention littéraire.

Dimanche 28 avril, 0h24

Jean-Foutre Mélenchon, maquignon politique

Il s’y voit déjà à Matignon, ou du moins le fait croire à la galerie médiatique qui balance entre exécration et fascination. Il est vrai que le Mélenchon version Marchais libéré et « Grilloté » sur les bords n’a plus grand rapport avec l’obscur sénateur lige à la gueule torve des années Mitterrand. Bon, la tronche n’a toujours rien de l’Adonis, mais ses yeux de poisson en bocal cultivent un regard conquérant.

S’il se contentait du ministère de l’Eloquence indignée, on pourrait presque l’institutionnaliser comme poil à gratter de la République, mais le salaud en veut plus : déloger l’Ayrault pour déployer son pouvoir terrorisant. Matignon prendrait alors des airs de Comité de Perdition publique pour casser un pays qui finirait de se vider de ses forces déjà plus très vives. On le sent nostalgique des purges révolutionnaires avec guillotine chauffée au rouge sang !

La clé de sa politique fait frémir par son simplisme irréaliste : le chantage étatique. Allemagne ! tu la fermes car je suis la France atomique tout de même ! Prêteurs ! vous alignez les biftons, mais vous pouvez vous asseoir sur tout remboursement, on ne discute pas ! Monnet et Schuman défendaient une construction européenne selon la méthode des « petits pas », Mélenchon va lui substituer celle des pieds au cul pour tous ceux qui ne s’alignent pas sur son cap fumeux.

Comment le croire un instant crédible sur la scène de l’Union, et a fortiori dans les instances internationales, alors qu’il n’a pas eu la moindre emprise sur son « capitaine de pédalo » après le premier tour des élections présidentielles ? Le Jean-foutre pédale dans la semoule et compte sur les Français pour boire son bouillon indigeste jusqu’à la lie.

Lundi 6 mai

Une journée et demie de labeur cette semaine. Période d’attente pour le devenir de notre structure : reprise ou liquidation. Nous serons fixés le 21 mai par l’audience du tribunal de commerce de Lyon. Une nouvelle phase plus ou moins radicale dans mon parcours professionnel.

Comme je le pressentais, Karl n’a pas répondu à mon courriel envoyé peu de temps après avoir appris la nouvelle du décès de Heïm-Micberth. Bien normal, il est indiqué comme responsable du « technique » sur le site Lorisse – Le Livre d’histoire. Depuis ma sortie d’une quinzaine de lignes contre le défunt, je dois occuper la tête de liste des infâmes traîtres à la cause de l’adulé. Le temps fera son œuvre, mais je me devais de faire ce geste à l’égard de Karl.

Côté relationnel, c’est le vide sidéral : je ne reverrai pas de sitôt Elo qui se marie fin juin. Les intérêts ont divergé. Idem avec ses deux amies : plus de nouvelles, plus d’invitation. De ma part, silence radio : la terre brûlée s’impose. Je ne tiens fondamentalement à rien, hors ma BB et les quelques membres familiaux.

Sortir des redites littéraires pour accrocher une visée mobilisatrice et donner un sens à l’énoncé. Face à l’étendue verte de la Tête d’Or, je rumine mes inconstances, mes atermoiements, ma cyclothymie dévorante. A un banc de moi, une diaphane aspire quelques rayons. Chevelure d’or qui scintille et longues jambes qui inspirent. La promesse de courbes délicates pourrait attiser le promeneur en quête d’approche. Voilà ma rupture littéraire : m’épancher sur l’effet d’une séduisante lectrice… Je vais devoir chercher au plus profond pour le bouleversant.

Comme une envolée vers les incertitudes sociales. Ces désespoirs qui se transmuent en violence avec peu ou prou les exemples de révolutionnaires cardinaux pour la France moderne. A quand le passage à l’acte politique avec ses excès pour faire regretter aux citoyens le temps de la tiédeur gestionnaire ? Jusqu’alors, les urticants mobilisent surtout l’aire médiatique qui hypertrophie l’impact des subversifs.



Ça aussi, c’est du remâché continuel qui n’ouvre vers rien d’inédit. Mes lacunes se cumulent et l’illusion se fissure.


L’art de l’attirance sans oser le contact, vaine destinée pressentie. Mais la seule fructification de la tension supposée réciproque crée un trouble délicieux qui flancherait peut-être à la moindre tentative de dialogue. Essayons. 

Un regard qui accroche peu : et si le présupposé était inexistant ? Quel piètre sensible je fais : à l’eau pour l’interprétation.

Dimanche 9 juin

Plein d’initiatives le repreneur de Cqfd, mais parviendra-t-il à contrer la léthargie qui gagne notre activité ? Goret risque de ne pas supporter longtemps cette hiérarchie échevelée, lui qui cumule les emmerdes, qui doit sans doute gérer un surendettement massif et qui ne lésine pas sur la boisson pour compenser les épreuves. Déjà une engueulade entre les deux.

Témoin sans emprise, je ne sens plus d’envolées attiser mon phrasé. La mort de Heïm y serait-elle pour quelque chose ? Ce serait alors l’implacable affadissement d’une pensée moribonde.

La mort de Clément Méric, au profil besancenotien, rappelle la part barbare qui rampe en chacun.

Mardi 11 juin, depuis le River Boat

A moins d’un mois de la pause estivale, les soubresauts d’une crise qui n’en est plus une puisqu’elle constitue notre trajectoire naturelle pour les décennies à venir. Vieille Europe dont les peuples n’ont su mesurer l’opportunité de ne former plus qu’une nation pour être à la hauteur des puissances croissantes dans cette mondialisation effrénée. Une frilosité qui nous fait stagner dans une complexité institutionnelle aux apparences bureaucratiques. C’est justement cette incapacité au fédéralisme, avec son nouveau souffle politique, qui condamne l’UE à la logique végétative. Pour se désagréger totalement, le système en place doit perdre ses coussins sociaux et se répandre en chaos déflagrateurs.



La veuve de Heïm le maudit a dû renoncer à m’attaquer en diffamation, car je n’ai toujours rien reçu, à moins que le notaire Lourdot, chargé de me retrouver, peine à la manœuvre.


Les premiers jours de haine passés, la veuve doit prendre conscience du ridicule de la démarche pour celle qui a épousé l’un des plus féroces pamphlétaires du XXème siècle (selon Le Crapouillot).

Dimanche 16 juin

Manœuvre pour connaître mon adresse ? La vieille maîtresse de feu Heïm m’indique que le notaire chargé de la succession doit m’adresser un courrier à propos de la SARL Le Livre d’Histoire dans laquelle je posséderais une part.

J’ai bien évidemment repoussé cette grossière tactique indiquant que je ne souhaitais être impliqué dans aucun des aspects de cette succession. Qu’ils fassent ce que bon leur semble de cette foutue part dont j’avais oublié l’existence. Je n’ai pas cédé (pour rien) mes parts de la SCI du château d’Au, autrement plus juteuses financièrement, pour m’enquiquiner avec cette entité, coquille vide ou puit de dettes. Ma responsabilité est limitée à la valeur de cette part, point barre.

Rien n’a dû être correctement prévu pour faire face à la disparition de l’ordonnateur et peut-être même que les caisses ne sont plus très pleines. Début des emmerdes sans filet avec ce qu’il faut de vautours prêts à dépecer les beaux restes laissés par Heïm. Laissons se faire l’effondrement naturellement.

Dans quinze jours, le mariage d’Elo à Val d’Isère. J’y monterai avec Anna et Dina, liens subsistant à Lyon. Grand néant autour. Pour l’occasion, j’interpréterai « Quand Elo dit oui ! » écrit sur « Lily » de Pierre Perret. Occasion unique de lui témoigner mon affection et de lui souhaiter le meilleur.


Au parc préféré pour cette radieuse journée. Non loin de l’entrée Tête d’Or, les perspectives apaisent : les feuillus tout juste remuants par une brise bienvenue, les promeneurs épars sans braillard ni kakou, juste la bonne dose humaine. La fin de matinée n’exacerbe pas l’inspiration, mais pas grave, j’ai abandonné toute ambition de cette nature. Du remplissage occupationnel, voilà tout.

Finalement, le projet de repas ce midi avec Elo ne se fera pas. Elle est trop prise par ses préparatifs.

Une clarté retrouvée dans le ciel lyonnais. Depuis la danse des feuillus au parc Tête d’Or, je renais à la douceur du temps, aux antipodes des lézardes du monde artificiel. Garder en mémoire, toutefois, les déchaînements possibles d’une Nature sans concession.

Les jours maussades d’une saison médiatique sans fin ne font qu’entretenir les angoisses de citoyens partagés entre la critique de l’Etat et la quête pavlovienne de sa protection.

Entre moi et les promeneurs, un bras canalisé du lac et un parterre fourni qui en laisse émerger juste ce qu’il faut pour ne pas parasiter ma quiétude dominicale. De l’humain, mais pas trop.

Demain matin, épreuve de philo pour les candidats au bac. Comment pouvais-je imaginer ma situation et mon état d’esprit présents en 1987 lorsque j’ai passé le mien à Cergy Pontoise. Eloigné de tout ce en quoi je croyais à l’époque : rupture cardinale avec l’univers que je mettais au-dessus de tout. Reprise en main de mon substrat idéologique bien plus complexe, voire contradictoire, que la soupe monolithique ingurgitée à l’ère conditionnée par Heïm le maudit.

En cendres son monde, dispersées pour qu’il n’en reste plus qu’un vague souvenir aux relents atténués. Un dernier tiers de vie qui a cultivé son domaine d’Au, propriété acquise sur le dos d’ex proches et de structures commerciales qui alimentaient son train de vie.

Hier, vu Mireille Darc, lumineuse de soixante-quinze printemps et ce malgré sa deuxième opération à cœur ouvert. Elle confie au journaliste Delahousse qu’elle a intégré et accepté sa prochaine disparition, sans la souhaiter bien sûr, mais pour mieux goûter à plein les années de rabe. Une sagesse exemplaire pour une femme que la vie a comblée et qui transcende ainsi ce qui aurait pu devenir amertume déprimante, nostalgie oppressante. Cette beauté d’âme échappe à l’emprise du temps et devrait nous inspirer pour gérer la fin de notre trajectoire. 

Dimanche 7 juillet

Trois semaines sans un petit élan sur feuille.

Le 29 juin Elo s’est mariée avec Julio à Val d’Isère. Je m’y suis rendu avec Anna et Dina toujours aussi complices et agréables. Le mariage lui-même : un fiasco, sans doute à l’image de ce qui s’annonce pour leur vie de couple en luttes intestines quasi permanentes.

Des familles incompatibles avec du rustre côté mari et du bourgeois hautain côté épouse ; l’embrouille achevée entre Elo et sa principale amie du coin qui lui a fait perdre le chalet dans lequel devait avoir lieu la soirée ; un rapport toujours tendu avec sa mère et sa sœur (ce qui ne l’empêchera pas de les remercier devant les invités contrairement à ce qu’elle m’avait dit lors de notre dernière entrevue à Lyon, là où je l’ai aidée du mieux que j’ai pu pour la musique ce qui, à ses yeux, ne méritait pas la moindre allusion) ; aucune programmation musicale effectuée à partir de tout ce que je lui avais remis sur clé, m’obligeant à improviser là aussi, le soir, sans que lui traverse l’esprit l’idée de me remercier un chouia. Aucune émotion chez elle lorsque j’ai interprété « Quand Elo dit oui ! », alors que certains invités étaient émus jusqu’aux larmes…

J’ai pris conscience du personnage égocentré, égoïste et sans aucun affect (hors rigolade ou prestation de circonstance) qu’elle est au fond. Profonde déception : son rapport avec Julio, essentiellement basé sur l’affrontement pour tout sujet, n’a fait qu’amplifier ces facettes.



Il faut dire qu’en face on a du gratiné : le midi du mariage, avec ses proches, ils ne font que blaguer sur la tentation du « Non » devant le maire sans aucune attention plus agréable pour ce jour d’engagement que l’on suppose sincère. Au moment de la cérémonie, le Julio ne peut s’empêcher de mettre la main aux fesses d’un de ses amis présents, pour honorer sa promesse débile de le faire juste avant de répondre à la question sacrée : probablement une façon de conchier le moment. Enfin, le jour d’après, l’incongru sujet de dérision à gros sabots : le divorce à venir. A moins qu’une lucidité salutaire ait fini par gagner ce couple très mal parti.


Heureusement, quelques personnalités, Anna et Dina en tête, étaient là pour humaniser ce séjour.

Côté pro, la nouvelle structure peine à relancer l’activité. Le nouveau dirigeant a mis le paquet sur le volet communication sans résultat probant. Une nouvelle rechute financière de Cqfd lui serait fatale. Au cours de la semaine qui arrive Frédéric Chenet doit se plonger avec Bruce Goret dans les chiffres pour savoir si ce qui s’annonce est viable par rapport à ce qui a été programmé.

Phase de désintérêt pour l’actualité qui nourrit si fréquemment mes lignes. Comme un sas de purge après la mort de Heïm. Hier, je découvre un courrier de la Chambre départementale des Huissiers de Justice du Rhône qui ont un acte du tribunal de commerce à me remettre. Impossible d’avoir un téléphone, les pages jaunes ne révèlent qu’un fax. J’espère qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle crasse de la piètre clique qui lui a survécu, mais d’une simple information sur la liquidation de la SARL Le Livre d’histoire dont il était l’associé majoritaire. Vraiment plus rien à foutre de ces restes d’existence malfamée. De la cendre, rien que de la cendre pour ensevelir ce marigot et ses infections.

Depuis Fontès, et un bout du terrain qui constituait le jardin de mes grands-parents, je ressens une sérénité sans pareille. Loin des escrocs qui se croient l’âme châtelaine, mais dont la crasse morale empuantit tout. A pieds joints sur leur tronche en cul de poule pseudo affective pour mieux rebondir vers du plus simple, du sincère et sans arrière-pensée.

Lundi 8 juillet

A onze heures, sur la plage de Marseillan, bien peu de monde, comme une crise qui ronge le pays. Cette mer au feu des rayons, ce sable humide, loin des contingences, je goûte au calme du moment sans avoir plus rien à délivrer. L’affadissement comme une sérénité de circonstance.

Je reste en berne, témoin inconstant d’un continent incapable d’unir vraiment ses nations pour peser sur les puissances du temps et celles à venir, pas toujours bien intentionnées. L’opportunité d’un souffle européen s’éloigne pendant que nous nous observons en chien de faïence. Plus la défiance s’imposera comme mode relationnel moins nous résisterons aux vagues annoncées.

Le rythme imposé par l’enchevêtrement mondial rend dérisoire et absurde tout repliement national à moins d’avoir les richesses exportatrices requises ou de s’ériger comme refuge financier pour apatrides suspects.

A gauche, la montagne de Sète se jette en pente douce dans les eaux maritimes. Rien à perturber, mais l’illusoire règne sur notre forme d’existence.

Renouer avec les accrocs textuels pour s’extraire des pesanteurs miasmatiques. Griller les convenances pour survivre aux aspirations quotidiennes qui entretiennent les renoncements.

Tenter, malgré les contingences, de s’élever au-delà de soi quitte à s’y carboniser. La frénésie d’une mélodie fait se transcender les intentions pour dynamiter les frilosités. Que revienne l’enchantement prometteur des premières décennies. Heïm est mort, vive la vie et au diable les restes gigotant pour quelques arpents perdus dans la Thiérache. Je leur laisse ses humidités grisâtres…

Mardi 9 juillet

Des croix éparses en bord de route au lieu des champs mortuaires d’après-guerre. L’époque se concentre sur ses morts violentes, anormales, et les nôtres n’ont rien à voir avec l’engagement forcené, éperdu voire contraint. Ces morts-là n’ont, pour seule justification, que la satisfaction de désirs sans envergure. Plus de sacrifice comme chair à canon, mais la seule trace des proches en peine. Les détresses en temps de paix ont quelque chose de dérisoire.

Aux Trois Digues l’air est doux, la brise à point, l’astre ne carbonise pas et la bleue s’offre en scintillements féeriques. Très peu de monde, comme une désertion des lieux de quiétude.

Mercredi 10 juillet

Rassurante nouvelle : l’acte qui doit m’être signifié ne concerne que la liquidation de Cqfd. Aucune résurgence des temps maudits d’Heïm le trépassé. Page tournée, pour le moment.

Instantanés depuis la belle bleue :
Le submergement musical de Coldplay ouvre les infinis en vrac. Se laisser porter pour qu’affleure le nectar de l’instant.

Jeudi 11 juillet

Descente d’un tronçon de l’Hérault en canoë avec ma BB. Quelques gentillets rapides pour apprécier la mouvance liquide.

Décidément, rien ne m’incite à l’article inspiré. Le nez sur du factuel personnel, les envolées pamphlétaires se raréfient. Peut-être que je me conforme à la mise en garde bernanosienne : après quarante ans, pondre des pamphlets deviendrait obscène. Faut-il en venir au doucereux consensuel ? Je ne crois pas avoir la fibre pour cette reconversion littéraire.

Vendredi 12 juillet

Sensation du vide, sans que rien accroche l’attention. Chaque passage dans ce lieu-racine, celui qui m’accueille depuis mes premières années, réveille davantage la conscience du temps implacable. La montagne de Fontès, dite Le Céressou, conserve pour notre bref passage le caractère immuable qui rassure un peu. Leurre et faux-semblant, l’époque change et l’on s’accroche à des repères désuets.

Rien qui mérite d’être publié sur Internet. Remplissage sans envergure.

A portée, quelques-uns de ces gros papillons marron étouffeurs de palmiers. Celui du jardin crève à petit feu pour rejoindre ceux déjà morts du voisin. Le papillon… symbole de la légèreté colorée après laquelle on gambadait avec ou sans filet… L’importation de ce nuisible ne laisse aucune chance aux végétaux. Il a suffi de l’acte couillon d’un voyageur inconséquent pour décimer une espèce végétale qui dessinait nos côtes…

Depuis les Trois Digues, au soleil tombant pour une douceur accentuée. Les estivants présents ne gênent pas ; chacun à sa détente sans incommoder le voisin, bien loin de l’entassement qui laisse émerger quelques braillards aux parades polluantes. Le triangle vert flotte et la brume de chaleur voile l’astre, mais l’horizon assure sa courbe entre le bleu liquide et le pastel aérien.

Samedi 13 juillet

Petite dérogation à ma purge d’actualité : je découvre hier soir la catastrophe ferroviaire d’un Paris-Limoges qui s’achève broyé sur un quai de banlieue.

En juillet, je déraille…

Depuis les Trois Digues, entre Sète et Marseillan : à vingt-quatre impressions par journée, je tutoie la léthargie ; à mille sensations par seconde, je disjoncte. Humer les cimes, frôler les abysses puis entretenir les ondulations viables.

Au pourrissoir les prestidigitations sans magie, les envolées pour une galerie aux ordres, les catharsis imbibées à se tordre jusqu’à la répugnance… Rien à retenir, tout à expulser : l’angle mort ne doit plus saloper l’alentour. J’éparpille les restes du cirque initiatique.

Inventer des sphères aux arêtes vagabondes, étriller jusqu’à satiété, empaler les empapaouteurs de chairs fraîches et se laisser gagner par les cieux aux luminescences voyageuses. Au creux d’une colline sétoise, j’irise mes éclats pour mieux enrober les failles et pousser à bon port ma caillasse.

Depuis un jardin fontésol : croquer la tête du criquet. S’imprégner des langages insectués sans broncher, surtout ne pas émettre le moindre son et se laisser couler dans ces univers entremêlés.

Nos complexités artificielles n’arrivent pas à l’ombre de la cheville de cette Nature en verve. Quiétude possible sitôt l’humilité atteinte. Ciseler son passage en préservant ses ancrages : une radieuse cuillerée de Fontès pour maman, une pincée de Rueil pour papa, un nappage de Cellier pour les parents de ma BB, le tout dans une bonne pâte lyonnaise pour savourer sur le long terme. Recette d’un cœur à maturité qui ne s’encombre plus du surplus déviant : sans s’assécher à force d’être imperméable, sans porosité excessive qui désagrégerait les choix cardinaux.

J’apprends la destination mortifère d’un Corail Paris-Limoges. Tragique tournure pour une pièce défectueuse. Rideau pour quelques malheureux voyageurs mal placés. L’un tentait l’insouciance d’un début de vacances, l’autre devait retrouver une famille affective, le troisième faisait un détour inopiné, que sais-je : pour tous des wagons comme autant de machines à broyer les existences qu’ils accueillaient. L’exceptionnelle catastrophe va hanter, pour quelques semaines, l’esprit des usagers du train tandis que le compteur morbide des déplacements routiers continuera discrètement sa moisson quotidienne de cadavres.

Goûter chaque moment en densité au risque de ne plus en avoir l’occasion l’instant d’après.

Contraste des comportements : d’un côté une solidarité immédiate entre les voyageurs, une activation de l’ensemble des secours ; de l’autre, quelques petites frappes opportunistes qui en profitent pour tenter de voler les portables de membres du SAMU et jettent des pierres aux pompiers.

Si on les attrape, pourquoi s’embarrasser d’une peine de T.I.G. dont ils se contrefoutent. Procédons à l’humiliation publique avec diffusion de leur portrait. Où qu’ils aillent, ils récolteront le mépris, susciteront le dégoût : leur délinquance obscène trouvera ainsi une sanction à la hauteur.



Mes cartes postales estivales prennent un accent dérisoire face au deuil des familles et des proches des malchanceux du Paris-Limoges : un Waterloo ferroviaire. 


Dimanche 14 juillet

Journée de transition dans l’Ariège chez la tante Béatrice. Une soirée bon enfant à Fontès : tous les âges, même si dominante des séniors. Présence de l’ex tante Mona, fâchée avec ma mère, qui occupe une table avec quelques membres de l’association à laquelle elle appartient.

Pour la décontenancer, à l’occasion d’un passage près d’elle et alors que son regard allait croiser le mien, je l’ai saluée et même embrassée. Pour le reste, du classique familial et relationnel. A noter des soucis de dos pour Liliane et le visage amaigri de l’oncle Paul.

Enfin ! un texte publié hier soir sur mon blog principal qui n’avait rien eu depuis avril ! Association de deux passages écrits l’un à la plage des Trois Digues, l’autre dans le jardin fontésol.

Lundi 15 juillet, 19h, au Cellier

Pas de petits profits, affirme le poncif populo-bourgeois, mais des profits mesquins, ça le Conseil général de Vendée sait très bien faire. A83, aire de Vendée : annonce d’une couverture wifi dans les zones de consommation (annexe de la station et cafétéria). Après une vaine tentative au premier lieu, je me renseigne au second et l’employée m’apprend que cela relève du Conseil général et qu’il faut débourser trois euros pour y accéder. Ben voyons ! Quelle belle maîtrise du service public annoncé !

Mercredi 17 juillet

Au cœur du repos et du balnéaire : une journée à La Baule. La fréquentation se massifie : depuis le transat-parasol loué, je repère un quatuor de branleurs à la canette ostentatoire, au jet de gueule bêtifiant et aux rires gras qui se fondraient bien dans une délinquance suiviste.

Je suis juste à bonne distance : pas assez proche pour m’incommoder, pas assez loin pour que je ne puisse scruter leurs rots comportementaux. De quoi me vacciner un peu plus contre cette espèce de connards kakoufiés.

Vendredi 19 juillet

Dans le jardin du Cellier, sans soleil pour liquéfier mes élans, et pourtant si peu inspiré.

Sans parler d’âge, cette phase d’existence semble se contenter des repères accumulés sans jamais s’en faire un bonheur complet. Conscient d’appartenir à la frange de l’humanité la plus épargnée par les maux innombrables qu’elle cultive, cela ne m’incline pas pour autant à la béatitude comblée.

Hormis une vie paisible avec un être chéri, aucun des objectifs plus ou moins consciemment établis n’a été atteint. Ne plus s’illusionner sur l’impossible attractivité littéraire.

Dès que j’entame une concentration pour l’écriture ou la lecture, l’abandon s’impose comme un relâchement du cortex qui se satisfait des limbes. L’ambiance jaunit avec cet éloignement des êtres que je sais si bien cultiver. Plus l’âge (ni le caractère) d’envisager une nouvelle trajectoire, pas encore la sagesse de faire fructifier les atouts à portée. Poils blancs et bruns sur les avant-bras symbolisent cet entre-deux paralysant.

Lundi 22 juillet

Crêperie près d’un lac : le gérant, au détour de nos compliments, nous apprend que la qualité du blé noir baisse d’année en année du fait des exigences industrielles à moudre de plus en plus fin. Il ajoute : en plus, nos moulins sont rachetés pour être fermés et 80 % de cette matière première agricole vient… de Chine !

Marre de cet enlisement européen, ras le bol des rétrécissements nationalistes : la seule voie pour mener cette guerre économique, c’est l’Europe fédérale avec une seule entité politique qui pèse enfin face aux mastodontes du globe. Sans cela, nous creusons collectivement notre tombe et programmons la tiers mondisation d’un continent arque bouté sur ses vieux modèles.

Sans un sursaut de conscience, cet entre-deux ne résistera pas. Le modèle initial de construction avait la vertu de ne rien imposer à des peuples sortant tout juste des désastres autocratiques. Des petits pas pour s’habituer aux hardiesses des pères fondateurs qui osèrent passer outre les haines encore gueulantes. Depuis 2005 et l’échec du tremplin politique, plus rien que du bricolage pour colmater les fissures d’une boulimie d’élargissements. Aucune ambition collective à l’aune des intégrations cumulées. La méthode Monnet-Schuman convenait aux Trente Glorieuses, épousant ses élans naturels. Au XXIème siècle, et son désenchantement européen, elle entérine tous les renoncements. La politique est discréditée ? Mettons les peuples devant une responsabilité historique : choisir la voie pour le continent.

Jeudi 25 juillet, vers 23h10

Notre première étape normande en chambre d’hôte s’achève demain matin. La ferme de Poligny (Saint-Vigor le Grand) nous aura permis de graviter autour pour décliner les découvertes sur le Débarquement et la Seconde Guerre mondiale : pointe du Hoc, plage d’Omaha Beach, cimetière militaire américain à Colleville, mémorial de Caen… De quoi tenter de se projeter à cette époque extrême, phare sombre du Vingtième, et de réfléchir sur notre situation européenne actuelle.

En titrant « En Juillet, je déraille ! » mon dernier texte, j’étais loin d’imaginer qu’une seconde catastrophe ferroviaire secouerait le réseau européen : l’Espagne explose le compteur morbide avec quelque soixante-dix morts dans le déraillement d’un tgv lancé à 200km/h dans une courbe en requérant 120 de moins. En l’espèce, la sanction technique est inéluctable pour ce crime à grande vitesse et la Camarde des séries se repaît du nombre de victimes.

Samedi 2 août

La reprise pointe le bout de ses contraintes.

Avant le retour à Lyon, visite de quelques jours à mon frère et à sa famille : Nalya affirme son caractère trempé alternant les moments de complicité affective et les affrontements provocateurs, notamment avec sa maman. En filigrane, la difficulté d’accepter une part d’affection qui se déporte vers Domentin.

Mon père a profité du séjour aux Etats-Unis pour se mettre au vapoteur renonçant « pour toujours » aux cigarettes. Si seulement ma BB pouvait en faire autant !

Il me faudrait pondre un texte pour août, afin d’avoir un minimum de vie éditoriale sur mon blog principal. Quelque chose qui évoquerait le ressenti sur les lieux traversés, mais rien ne vient, source à sec.

La Normandie s’offre en densité, des plages aux espaces toujours résonnant des dons de vie pour une renaissance européenne. Soixante ans plus tard, la paix ancrée semble tellement commune que l’on malmène sans vergogne ce qui la maintient.

Dimanche 4 août

Encore moins d’inspiration qu’hier. Le remplissage devient poussif, sans une once d’intérêt. Je devrais plutôt me concentrer sur la réécriture des paroles de « Ma France » de Jean Ferrat retenue comme chanson pour ma BB qui me supporte depuis bientôt douze ans.

L’angoisse et la gerbe au ventre, je sens déjà mes tripes à l’air, balloté par le flux océanique. Grimper pour ne pas être tombé sans combattre. Maintenir l’accroche corps-esprit… Rien à garder.

Le douze août prochain, pas de soixante-huitième anniversaire pour Heïm. Ses quelques proches vont sentir un peu plus le grand vide ce jour-là. Quels que soient ses méfaits, il occupait une place quasi vitale dans l’existence de ceux qui l’avaient choisi. Plan médiatique : rien, pas un article de fond. La plus magistrale claque est l’indifférence. Hormis le quotidien régional L’Union, pas une référence à son décès. Aucune initiative individuelle sur le Net pour l’évoquer… Néant : cendres pour son corps, oubli de son passage. Quand on songe à ses tirades auto-glorificatrices, quel illusionniste !

Vendredi 9 août

Pas de drame pendant ces vacances, mais une nouvelle peu réjouissante lundi matin pour une courte reprise avant la fermeture de Cqfd ce midi jusqu’au 19 août : proposition d’une rupture conventionnelle qui mettra fin à près de dix ans de CDI. Goret lui ne reviendra pas de ses vacances : après l’opération vérité sur la réalité financière de la structure, Frédéric Chenet doit juguler l’hémorragie. En non-dit : le Goret a enfumé sur toute la ligne, et depuis des années, sur la solvabilité du centre. Mon premier choc a été lors d’une audience du tribunal de commerce au cours de laquelle j’ai appris le montant de la dette sociale (plus de cent cinquante mille euros). Ça ne pouvait être un simple accident conjoncturel. Voilà qui explique ce culte quasi maladif du secret à lui et à sa gérante-à-tout-faire Micheline Mochand que j’ai retirée hier de mes amis facebookiens. Aucune envie qu’elle suive mon actualité de l’intérieur, même si je limite au maximum mes interventions dans ce lieu.

Voilà donc une nouvelle phase existentielle. Fini l’écoulement pépère de la vie d’un formateur employé à dix minutes à pied de chez lui. Je vais devoir diversifier mes activités sans aucune garantie de revenus. L’idéal serait de m’orienter vers la prestation de services littéraires. Une idée en germe… A suivre.

Samedi 10 août

Depuis la roseraie du parc Tête d’Or : air particulièrement transparent et un petit vent pour supporter la chauffe.

Demain matin, je viendrai prendre quelques clichés pour illustrer mon blog Paroles de fête.

Dimanche 11 août

Je me sens démobilisé, comme dans l’antichambre du néant. Je dois réagir très vite pour ne pas me laisser aspirer par cette inaction. Rien ne viendra sans acharnement dans l’initiative et le suivi.

Samedi 17 août

En août, changement de voie ?

L'espace Paroles de fête est né sur la toile le 12 août dernier. Pas d'attaque, pas de fulmination, pas de pamphlet, mais de l'hommage affectif. Du cent pour cent positif : inédit pour moi.

Pamphléter deviendrait obscène après quarante ans : j'ai largement entamé cette quatrième décennie d'existence et je voudrais explorer des univers littéraires plus lumineux.

A la lueur d'un probable changement professionnel, saisir ce cap embryonnaire: l'artisanat littéraire pour contribuer aux fêtes singulières de tout un chacun. Susciter l'émotion en apposant des paroles personnelles sur une chanson fétiche : voilà le projet. Pouvoir en vivre modestement : voilà l'objectif.

Faire connaître, diffuser, promouvoir pour accrocher l'attention de ceux qui ont en tête de faire plaisir à leurs proches.

Ça commence ici, avec une évidente humilité mais la volonté effrénée d'y parvenir. Coller au plus près de ce pour quoi l'on se sent fait traduit peut-être une forme de sagesse.

Samedi 7 septembre

Le 18 septembre prochain, je ne ferai officiellement plus partie du personnel de Cqfd, après neuf ans de travail loyal mais sans véritable passion. L’affaire reprise par Frédéric Chenet n’offre aucun signe de renaissance et seule la réduction des effectifs peut limiter l’hémorragie financière. 

Dès la mi-septembre, je contacte tous azimuts les médias et les interlocuteurs possibles dans l’événementiel. Je viens, ce soir, d’archiver toute la paperasse accumulée au cours des années Cqfd, en espérant ne plus jamais avoir à m’en servir, ce qui révélerait la viabilité de mes prestations littéraires haut de gamme. Projet déraisonnable, j’en conviens, mais ne nécessitant aucun investissement financier, hormis l’hébergement de mon site Paroles de fête pour treize euros par mois, compensé par ma résiliation de mon abonnement à Le Monde.fr.

Samedi 21 septembre

Depuis mardi soir, je ne fais plus partie des salariés de Cqfd. Demandeur d’emploi, j’ai rendez-vous le 3 octobre à l’agence des cadres. Ma priorité : promotion tous azimuts de l’activité que j’espère viable. Paroles de fête n’a, pour l’instant, aucune commande en instance. Calme plat, mais je dois m’acharner à promouvoir.

Appel d’Alice pour m’informer qu’elle avait un rendez-vous téléphonique avec le notaire chargé de la succession de son géniteur.



Dimanche 22 septembre


Hier soir, j’ai réservé sur OVH un deuxième nom de domaine : cadeau-unique.fr. Je viens de parcourir sur mon smartphone le PDF des vingt-cinq conseils pour bien référencer son site : complexité de la tâche, mais ne pas perdre pied.

Lundi 7 octobre, 22h46

Les 44 ans entamés et toujours pas de première commande. Persister.

Un qui se goinfre tant qu’il peut, l’ex dirigeant de fait du centre de formation dont je ne fais plus partie depuis le 19 septembre. Le voilà réclamant plus de quarante mille euros au nom de commissions à percevoir sur des facturations antérieures. Tous les documents contractuels ayant été préparés par lui et entérinés entre lui et lui, cela pourrait s’attaquer… mais la démarche de guérilla judiciaire semble délicate et risquée pour la nouvelle direction. Le menacer de le faire déclarer gérant de fait avec les menaces pénales conjointes pourrait le faire réfléchir à l’opportunité de ses salaudes réclamations.

Cette direction bicéphale Goret-Mochand me soulève presque le cœur aujourd’hui. L’objectif premier était de pressurer l’entité commerciale pour en tirer le maximum de revenus quitte à être, notamment pour Goret, en totale disproportion avec la capacité financière de cette microentreprise moribonde. 

Pour tenter de capter quelques visites sur mon site, je m’essaye au commentaire de presse en vers avec pour point d’appui un « Ci-gît » comme Léautaud l’avait fait pour ironiser sur les personnalités d’alors. Une marque littéraire à multiplier pour, peut-être, retenir quelque attention.

Jeudi 17 octobre

Bonne réception par les magasins de luxe de mon livret de présentation.

Ci-gît le Valls à l’âme socialiste
Tout ça parce que l’Intérieur pousse la sortie scolaire de Leonarda jusqu’au Kosovo,
Ce qui entraîne celle de lycéens qui s’attristent
Que la stricte légalité contrarie les droits de bisounoursonne privée de scolaires travaux.

28 octobre

Ci-gît l’indomptable Lou Reed :
C’est un rock qui se pique sans cap,
Et lorsqu’il électrise son velours aride
C’est le rythme qui s’enivre et vide son sac.

Dimanche 3 novembre, 23h57

Paroles de fête attend toujours sa première commande et je dois recevoir 750 exemplaires du livret publicitaire en tirage offset offert par mon Pôpa.

A moi de lancer l’action tous azimuts et de démontrer la viabilité du projet. Une et unique occasion de faire ce qui me plaît réellement, alors ne pas louper le coche.

Finkelkraut à Ce Soir… ou Jamais ! s’est laisser aller à un petit moment d’hystérie face aux attaques perfides du réalisateur de Prophète dont le regard traduisait la volonté d’abattre le philosophe.

Hollande poursuit sa descente dans le gouffre de l’impopularité. Ai-je à ce point changé dans mon rapport à l’homme politique de gauche ou est-ce le caractère bonhomme du Président : je n’arrive pas à me braquer contre sa présidence. Le pays est dans un tel état qu’aucun dans l’opposition, de quelque bord qu’il soit, ne ferait mieux. On assiste à la gestion du déclin, tant que le sursaut du fédéralisme européen ne s’imposera pas comme la voie salvatrice. Sans cela, la marginalisation de fait de nos nations est en marche inexorable. Le nationalisme social a pourtant le vent en poupe, de la bassine Le Pen au Jean-Foutre Mélenchon via l’iconoclaste Montebourg. Le leurre est bien l’une des énergies premières du politique opportuniste…

Un peu de polémique, ça oxygène, avant quelques lignes du lumineux Revel et un sommeil bon enfant.

Samedi 9 novembre

Hier soir, l’idée de l’acrostweet, un acrostiche réduit à un mot par lettre porteuse pour pouvoir s’intégrer parfaitement dans le format tweeter.

Depuis, j’en ponds pour nourrir ce produit littéraire original bien plus abordable que mes paroles… et j’en envoie à quelques célébrités détentrices d’un compte. A voir si l’une d’elles s’en fera l’écho.

Lundi 11 novembre

Hier, tweet de Bernard Pivot me remerciant du « sympathique acrostiche dominical ». N’ayant pas eu la place d’ajouter le lien de mon site à la fin de l’acrostweet, je lui réponds en sollicitant son coup de pouce… Pour l’instant rien…

Au parc Tête d’Or, ciel bleu, vent glacé, je rédige de nouvelles paroles sur l’air « Mon beau sapin » qui donne « Beau chérubin » et où le personnage principal n’est autre que le bébé Domentin.

Samedi 23 novembre

Paroles de fête… ou d’enterrement ?

Ça commence par un gros coup de massue qui éclate ses certitudes. Neuf années de bons et loyaux services et, au cœur de l’été, la perspective de perdre son emploi. Pas chez un mastodonte économique, avec la possible résonance médiatique, mais dans une micro structure qui condamne son cas à l’anonymat : situation la plus courante, celle des invisibles.

Me voilà demandeur d’emploi. Premier réflexe, pour se donner la posture de celui qui garde le moral et cultive l’initiative : aller au-delà de l’étroit espace personnel du troisième Pôle, le moins géographique. La quotidienneté du chercheur – et pas simple demandeur – d’emploi, c’est d’abord la découverte des offres sélectionnées selon son profil pris de côté bien sûr, mais aussi de face, de dos voire de travers ! Quelques centaines consultées plus tard : pas une seule permettant de postuler sérieusement. Premier signe économique d’une marginalisation en marche ?

Surtout, rester en dynamique, quitte à patauger dans l’illusoire. Un mal me guette : l’égyptonite aigue qui consiste à multiplier ses profils numériques. Les Linked in, Viadeo et autre plates-formes tellement virtuelles qu’elles finissent par souligner votre réelle inexistence, mais tout est bien rempli, complété, illustré : les petits cailloux pour venir jusqu’à moi sont en place.

Hors de question d’en rester là. Plus de vingt-cinq ans d’écriture, ça compte un peu quand même, non ?! Certes, mes pleins et mes déliés n’ont que très peu transité par le canal éditorial classique, mais à l’ère d’Internet, quelle importance ? Alors oui, j’envoie mon lot hebdomadaire de candidatures spontanées que j’espère néanmoins séduisantes, mais je dois tenter autre chose, en parallèle.

L’idée émerge, comme une évidence : la prestation poético-littéraire haut de gamme. Le slogan aussi : l’époque est assez folle pour offrir un présent singulier. Le constat : la crise rabâchée n’a pas fait disparaître les occasions festives, au contraire elle en souligne leur vertu euphorisante. Fête, mariage, anniversaire, hommage ont en commun l’acte d’affection potentiel : concevoir des paroles qui incarneront cet élan de sentiments. Faire en sorte qu’elles se fondent dans un air choisi pour l’émotion procurée, c’est le défi créatif passionnant.

Alors actions, tous azimuts : un site mettant en scène des exemples variés et émouvants, un livret synthétisant le projet, une escadrille de courriels pour référencement et partenariat, un service de presse avec courrier accrocheur, des relances téléphoniques à faire fondre son smartphone, le démarchage de centaines de boutiques pour la mise à disposition d’une brochure explicative… Un trimestre d’engagement forcené et… RIEN, pas une demande d’information ! Le néant gagne, ronge.

Le désintérêt de la presse dépite. Le parcours littéraire évoqué pouvait intriguer un chouia : un diariste pamphlétaire repenti. Après deux décennies de grognes incendiaires, la prise de conscience de l’obscénité scripturale à poursuivre ces fulminations dans une quarantaine bien entamée et la volonté de faire coïncider l’amour des mots, de la formule percutante avec la sphère affective. Révolution individuelle qui laisse de marbre les journalistes approchés.

Me voilà sur la berge, le projet en bandoulière, sans un écho, sans une avancée, prêt au sable mouvant… Garde à soi ! Rompez l’errant !

Dimanche 24 novembre

De l’acrostiche à l’acrostweet

Pas de mort du signe, mais l’aire des signes limités. Tweeter avec créativité et prétendre au message singulier, voire poétique, n’est pas hors de portée. Pour cela, complexifier le sens de lecture. A l’orée de la montée en puissance chinoise, un peu de verticalité semble de bon augure.

Chacun connaît l’acrostiche, mais l’espace disponible pour un tweet le rend impossible, sauf à le réduire à deux vers efflanqués. En outre, les porteurs d’un patronyme à deux lettres ne sont pas légion. Avec l’acrostweet, l’acrostiche se centre sur l’essentiel, au point de se faire passer pour un acronyme (l’abréviation qu’on peut prononcer comme SIDA, HADOPI, etc.). La conception en est d’autant plus ardue si l’on souhaite éviter la simple énumération, mais c’est ce qui la rend exaltante.

Premier essai, pour cultiver le paradoxe, avec le chantre du prolongement des phrases, l’incontournable Proust et sa [Prose / Rêveuse / Où / Un / Souvenir / Tricote]. L’effet me plaît, alors je m’attaque à son antonyme littéraire, Céline : [Ces / Excavations / Libèrent / Irrésistiblement / Nos / Enflures]. Je m’égare à rédiger ces acrostweets pour deux piliers de la prose disparus depuis belle lurette.

Je dois aborder les vivants pour capter l’attention. Transition idéale via celui qui a tant fait pour promouvoir l’univers littéraire avec une passion vorace : Bernard Pivot détient un compte tweeter, adressons-lui l’hommage au [Bel / Entrain / Régalant / Nos / Ardentes / Réflexions ; / Don / Pour / Irriter / Votre / Orthographe / Timide]. Bien envoyé, et voilà qu’il me répond « Merci pour ce sympathique acrostiche dominical. » Le coup de pouce qu’il fallait pour galvaniser l’inspiration. Cette fois, j’acrostweete en rafale.

Quelques autres journalistes pour s’échauffer, sans favoriser un bord plutôt qu’un autre : d’Edwy Plenel [Pour / Lire / Et / Narrer / En / Liberté] à Christophe Barbier [Bretteur / Aiguisé, / Révélateur / Brillant : / Il / Eclaire / Rudement] en passant par une personnalité consensuelle dont on oublie souvent le premier métier, Michel Drucker ce [Meneur / Infatigable / Car / Heureux / Et / Libre. / Dimanche, / Réservons / Un / Chaleureux / Kir / Et / Regardons.]

Laissons encore un peu la bonne vieille télé me fournir d’autres noms, notamment quelques animateurs marquants : celui qui a su électriser tant de soirées, l’infatigable Dechavanne [Densément / Eclectique / Car / Habitué / Aux / Vraies / Accélérations / Nerveuses, / Nettes, / Entières] et son alter ego dans la longévité cathodique, le musical Nagui à résumer comme un [Nerf / Auditif / Gagnant / Une / Ivresse]. Ruquier, lui, se distingue par ce [Rire / Utile / Quand / Un / Invité / Encaisse, / Renfrogné] pendant que Stéphane Bern nous fait découvrir un [Site / Totalement / Exceptionnel / Pour / Habitants / Aristocratiques ; / Narration / Exaltée, / Bigrement / Eclairée : / Royale / Nature.]

De l’animation à l’humour, la frontière s’amenuise. Ainsi, l’actuel présentateur du Grand Journal mérite-t-il cette dédicace : [Aux / Nombreuses / Transformations : / Ouin-Ouin / Illuminé, /Nitroglycérinique / Embrouille… / Détonantes / Excentricités… / Cet / Ailleurs / Ulule / Nos / Espiègleries / Secrètes]. Il avait si bien perçu le talent de l’indomptable José Garcia pour qui un acrostweet frôlant l’absurde s’impose : [Jeu / Orgiaque / Sans / Excès / Grâce / Au / Rutabaga / Craquant / Ingurgité / Avant]. Cette douce folie a trouvé chez Jonathan Lambert un successeur de choix que l’on peut synthétiser ainsi : [Joyeuse / Occupation, / Nombreuses / Acclamations, / Transformations / Héroïques : / Au Nirvana, / L’ / Attractif / Moment / Brille / Et / Rend / Tonique]. Autre génial disjoncté, Elie Semoun et sa spécialité clinique : [Explorer / Les / Immaturités / Et / Savoir / Extraire / Moultes / Outrances : / Univers / Nourricier]. Il touche si juste, comme pique si bien le croqueur Guillon, [Garrigue / Urticante, / Il / Lapide / Lestement : / Ogresque / Nature]. Les adeptes d’une plus douce approche n’oublient pas Gad Elmaleh avec sa [Gentillesse / Artistique / Diffuse / Et / Louable / Manie : / Apprécier / L’ / Expérience / Humaine]. Afin de féminiser, et de quelle manière, mon petit tour des humoristes, mais aussi pour contredire les détracteurs en masse, j’adresse à Sophia Aram un [Soutien / Ostensible, / Pétillant / Hommage, / Instinctif / Attrait : / A / Réitérer, / A / Marteler.]

Changeons de sphère, mais gardons le charme sur un air effleuré de Carla Bruni, [Chanteuse / Attachante, / Rêveuse / Lancinante : / Artistique / Balade, / Rade / Unique. / Nourritures / Idylliques…] : avec Marion Cotillard, pas question de négliger ses engagements, une magistrale [Comédienne / Osant / Titiller, / Irriter, / Luxer / Les / Autorités / Russes / Despotiques.] Et comment approcher l’inspiré Luchini ? Par la tentative d’une métaphore maritime : [Latitude / Unique : / Cette / Houle / Irise / Nos / Isthmes.] Parmi les talents plus récents à l’écran, piochons Omar Sy, jubilatoire, qui m’inspire ce conseil : [Oser / Mais / Avec / Rythme : / Songez- / Y] et le surprenant Guillaume Gallienne pour [Garder / Authentiques / Les / Liens / Intimes / Et / Nourrir / Nos / Empathies.] avant d’achever la projection par l’inénarrable Edouard Baer, [Béatitude / Aérodynamique / En / Révolution.]

Voilà quelques étoffes scripturales que pourrait apprécier l’un de nos plus grands couturiers, J.-P. Gaultier qui a toujours une idée d’avance : [Jabot / Piraté, / Guêtres / Arborées : / Une / Libre / Tenue / Inimitable / Et / Régénérante.]

Derniers acrostweets. L’un au destinataire pas totalement précisé : [Batailler / En / Douceur, / Occire / Suavement] qualifie-t-il la démarche du père ou du fils ? L’autre vise clairement une perte récente, [Louanges / A / Un / Tonton / Novateur / Et / Ragaillardissant], et les larmes qui surviennent ne sont pas dues, cette fois, au bizarre breuvage ingurgité dans cette cuisine mythique.

Vendredi 8 décembre

Hier soir, vers 23h, vu la naissance sur Internet d’une information majeure : la mort de Nelson Mandela. En quelques minutes, les articles préparés de longue date inondent la toile.

Mercredi 11 décembre

La voix chaude de Jean-Louis Foulquier n’a plus que les enregistrements pour se faire entendre.

Samedi 14 décembre

Toujours le néant.
Acrostweet sur Dali venu dans un demi-sommeil.

Lundi 23 décembre, 17h

A Fontès depuis samedi, pour un Noël en douceur chez maman avec la petite famille de Jim : Nalya et Domentin grandissent.

Un sentiment de vide, d’inutilité… Faire que cette écriture serve vraiment semble inatteignable. S’ingénier à trouver le moyen ne changera rien : l’entreprenariat n’est pas pour moi. Ecrivain-rentier m’aurait comblé. Là, je m’agite (de moins en moins) pour du vent.

Je me vois reprendre les cours particuliers, un échec de plus dans cette illusoire contrée de l’écriture que j’occupe comme un corps étranger.

Je découvre aujourd’hui les bruissements médiatiques autour de la blague de comptoir du Président en exercice. Décrédibilisé par son péché mignon, la blagounette de mauvais aloi.